Retour accueil

DÉCORS ET SYMBOLES SUR LES MAISONS RURALES

Exposé présenté par Michel Rouvière lors de la journée champêtre du 20 juillet 2008

   En 1987, dans « L'Ardèche », ouvrage collectif réalisé sous la direction de Michel Carlat, j'ai publié sur le thème: « Les signes symboliques de l'art populaire du Bas-Vivarais ».
   Depuis, j'ai poursuivi un inventaire permanent qui m'a permis d'améliorer la connaissance sur le sujet, en particulier de comprendre les moyens de diffusion des symboles, motifs et signes représentés. Il était important pour moi de tenter d'en identifier les auteurs, malgré un évident manque d'informations sur le sujet. Ce n'est qu'à partir de nombreuses observations et de quelques rares documents que j'ai pu identifier quelques artisans satisfaits de leur travail et ayant signé leur ouvrage.
  Il s'agit, en général, de décors appliqués sur les ouvrages que sont les porches de maison et les portes, les croix de mission, les ferronneries diverses et les meubles. On en trouve aussi à titre d'enseignes comme les bouquets de St Éloi, ou bien comme marques de compagnons et parfois à caractères «mascarons ».
  L'analyse et la forte présence de ces décors nous confirment un apport culturel loin d'être négligeable ; actuellement, nous n'avons guère l'occasion d'admirer un beau porche sur un mas moderne !
 

 On note, en particulier, pour réaliser une porte d'entrée et son encadrement, la parfaite coordination entre le maçon-sculpteur, le menuisier-sculpteur et le ferronnier-serrurier adaptant avec goût les matériaux principaux utilisés : pierre, bois, fer. Un tel ensemble de qualité, qui a suffisamment résisté aux atteintes du temps et des hommes, mérite bien d'être considéré comme un chef d' œuvre, puisqu'il témoigne de la qualité des compagnons d'alors. Il ne s'agit pas là d'ouvrages spontanés, mais bien pour la plupart de motifs ou de symboles récurrents que l'on retrouve utilisés dans les mêmes conditions dans différentes régions de France. C'est Agricol Perdiguier, « Avignonnais la vertu » (1805-1875), qui nous confirme cette forte présence du compagnonnage ardéchois dans son livre «Mémoire d'un compagnon» dans lequel il cite dix compagnons portant le surnom « Vivarais ». À part des millésimes plus anciens, beaucoup plus rares, et des motifs à caractères religieux, chrismes, calices, les dates inscrites se situent en majorité entre 1750 et 1850. Le motif curviligne, au tracé très élaboré, est fort présent dans l'Ardèche entre ces deux dates.
Ces décors, autant sur les porches que sur les croix, sont en relation avec la forte progression de la population, le défrichement et la mise en cultures de terroirs difficiles.
L'art populaire peut être considéré comme une valorisation de l'acquis, aussi bien sur le plan de la formation professionnelle que sur les aspects visuels de l'architecture et de l'environnement. Il est évident que cela impose un autre regard et mérite d'être          Croix à Ribes           sauvegardé.

 
               
 
Labeaume


Saint-Andéol-de-Fourchades

Rampes de balcon à Montpezat et Burzet par Peruchon (1844 - 1845)
 

 


Largentière

     

 

Divers frontons
 

Armoire à Vinezac
 Ce type d'armoire est habituellement appelé "armoire de mariage", décorée de motifs simples. Sur celle-ci on distigue deux "arbres de vie", deux motifs quadrilobés, deux petites rosaces et un motif curviligne. souvent appelé "croix basque" car c'est le symbole adopté dans cette région. Il est très présent en Ardèche, sculpté dans la pierre, dans le bois ou plus rarement dans les enduits.
 
Texte et dessins : Michel Rouvière  
   
DHTML Menu / JavaScript Menu Powered By OpenCube