Retour accueil


CINQUANTENAIRE DE LA SOCIÉTÉ DE SAUVEGARDE DES MONUMENTS ANCIENS

DE L'ARDÈCHE

par Michel FAURE , président honoraire

Exposé présenté à l'Espace Ouvèze à Privas le 15 octobre 2005 à l'Assemblée Générale de l'association

   Mesdames, Messieurs,

   Le patrimoine français bâti ne comporte pas seulement les monuments et les sites inscrits au Patrimoine Mondial par l'U.N.E.S.C.O., tels que les prestigieux châteaux de la Loire, ou les grandioses cathédrales gothiques. Il est également riche d'une multitude d'édifices plus modestes, témoins d'un passé récent ou pluriséculaire, reflets de la vie quotidienne de nos aïeux.

   Jusqu'au milieu du vingtième siècle (1950 environ), cette petite architecture rurale ne semblait pas faire l'objet d'une attraction particulière, même de la part des habitants voisins. Et pourtant, un département traditionnellement rural comme l'Ardèche, parmi d'autres, présente un ensemble unique de maisons-fortes, de fermes à toits de lauzes, de sobres chapelles romanes, de moulins, de ponts, de tours de guet, de croix de pierre .... Ce ne sont là que des exemples ... !

   Donc, jusque vers 1950, les seuls monuments anciens de l'Ardèche susceptibles d'être sauvegardés étaient :

- d'une part, les bâtiments et sites classés Monuments Historiques (depuis 1840), ou inscrits à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques (depuis 1925), dépendant directement des pouvoirs publics. (En Ardèche, il y en a 150 des premiers et 130 des seconds).

- d'autre part, les édifices que quelques municipalités éclairées, ou de rares associations Les Amis de ..., ou même des particuliers, restauraient avec beaucoup de mérite, mais au coup par coup et sans véritable coordination.

   La prise de conscience réelle de la richesse de notre patrimoine départemental date de 1955, il y a cinquante ans, où un groupe d'ardéchois se rassemblait autour de Louis Bourbon, d'Annonay, pour créer la Société de Sauvegarde des Monuments Anciens de l'Ardèche, sous la forme d'une association régie par la loi de 1901. Elle avait pour but, et elle l'a toujours, « de rechercher, de faire connaître et de contribuer à sauvegarder les monuments et objets d'art du département, plus particulièrement ceux non Classés ni Inscrits ». Je précise que cette association fut déclarée d'Utilité Publique en 1983.

   C'est ainsi que depuis 1955, depuis cinquante années, se sont succédé 7 présidents :

- 1955-1964 : M. Louis BOURBON

- 1964-1967 : M. Pierre VALETTE-VIALLARD

- 1967-1976 : M. Roger OLAGNE

- 1976-1982 : M. le Baron Louis CHAURAND

- 1982-1990 : M. le Général Joseph de PAMPELONNE

- 1990-2000: M. Michel FAURE

- Depuis 2000 : M. Guy DELUBAC

   Mais je ne saurai oublier les rôles joués, en particulier par M. Jean OISEL, chevile ouvrière de la Sauvegarde pendant 25 ans, ou par des membres successifs de Conseils d'Administration, malheureusement disparus, mais dont les mérites ont été immenses, tels que Madame Pierre VALETTE-VIALLARD, Madame CHAPUS, l'abbé ARNAUD, l'abbé CHARAY, Robert SAINT-JEAN, le colonel CELLIER, François MALARTRE, Jacques d'INDY, Jean ARSAC, François CHAIX ... Que de visages défilent devant moi-même, membre de notre association depuis 1965, administrateur depuis 1973, vice-président en 1979 et président de 1990 à 2000, succédant au général de PAMPELONNE auquel je dois beaucoup ! Je suis donc à même, avec d'autres certes, mais rares, de juger l'œuvre entreprise, et réussie, par des bénévoles intégraux, individualités d'origine sociale, professionnelle, religieuse, idéologique même, différente, au sein même de notre association, et en particulier au sein du Conseil d'Administration ...

   Au cours de ces cinquante ans, trois groupes d'activités ont vu le jour :

 - 1. La principale, notre raison d'être, la restauration de quelques 150 à 160 monuments publics. civils ou cultuels, financée, en totalité ou en partie (c'est le cas le plus général) par la Sauvegarde, quadrillant l'intégralité du département, personne ne peut le nier ! Dites-vous bien que, depuis une quinzaine d'années, à chaque réunion du conseil d'administration (il y en a 4 ou 5 par an) ce sont environ quinze dossiers qui sont présentés, épluchés et généralement pris en compte.

   Parmi ceux qui ont fait l'objet de plusieurs tranches de travaux, citons les vestiges de Rochebonne, les villages de Saint-Vincent-de-Barrès, de Rochemaure, de Saint-Montan, de Desaignes, les châteaux de Banne, de La Chèze, de Notre-Dame-d'Ay, la tour de Brison. Les églises et chapelles, elles, font l'objet d'interventions plus ponctuelles.

   Chronologiquement, je rappelle que les deux premiers bâtiments qui avaient retenu l'attention de la Sauvegarde avaient été l'ermitage d'Ucel et le pont Valgelas à Annonay.

   Toutes ces restaurations furent financées :

- soit par le Conseil Général sur proposition de la Sauvegarde, en un programme annuel élaboré en présence de l'Architecte des Bâtiments de France.

- soit par les fonds propres de la Sauvegarde, c'est-à-dire les cotisations de ses membres, dont le nombre a toujours oscillé entre 400 et 600.

 - 2. Les sorties-conférences, en principe au nombre de trois chaque année, dont celle d'été qui est couplée avec la sortie d'été de nos amis les Ardéchois à Paris : la dernière était à Annonay en août 2005. Ces sorties regroupent entre 100 et 140 participants, quelquefois plus, et posent des problèmes d'intendance : 80 voitures à garer, à déplacer sur de petites routes départementales, présence d'une salle de restauration suffisante ... Les commentaires sont toujours assurés par les personnes les plus compétentes. Enfin, il faut respecter, autant que faire se peut, la sacro-sainte répartition géographique entre le nord, le centre et le sud du département !

 - 3. Deux réalisations éditées :

- Le volume de 380 pages Visites à travers le Patrimoine Ardéchois paru en 1985, véritable travail de bénédictin réalisé par François MALARTRE, et regroupant trente années de nos sorties, avec des illustrations de Michel CARLAT.

- La plaquette Itinéraires Ardéchois, parue en 1993 sous l'égide de Patrimoine Rhônalpin, en collaboration avec la délégation de l'Ardèche des Vieilles Maisons Françaises.

   Voici pour nos réalisations, mais un point sur lequel j'insiste c'est que la Sauvegarde ne travaille pas en circuit fermé, elle est ouverte à tous et entretient des liens permanents avec la Préfecture de l'Ardèche, le Conseil Général, notre interlocuteur privilégié, les Archives Départementales qui hébergent notre siège, le Service Départemental d'Architecture, la Revue du Vivarais, les V.M.F., l'Amicale des Ardéchois à Paris, ainsi qu'avec la plupart des associations Les Amis de ...et avec tous les maires dont nous étudions les dossiers.

   Enfin j'attire votre attention sur le fait que la Sauvegarde n'a jamais rémunéré aucun permanent (c'est rare pour une association départementale) ; elle est intégralement animée, depuis 1955, par des bénévoles ; ses frais généraux ne dépassant pas plus de 4% du montant des cotisations.

   Nous avions commémoré notre trentième anniversaire le 19 octobre 1985 à Alba, notre quarantième anniversaire le 4 mai 1996 à Annonay, et nous voici, pour nos cinquante ans, à Privas, non pas pour écouter un nostalgique retour en arrière (mais il fallait le faire !), mais surtout pour nous tourner vers l'avenir de notre Société de Sauvegarde des Monuments Anciens de l'Ardèche qui aura toujours un rôle à jouer. Car, déjà en 1794, l'ardéchois BOISSY d'ANGLAS évoquait, parlant du patrimoine bâti de notre pays, « un superbe et vaste héritage que la France ne saurait répudier sans honte ». Appliquant cette courte phrase à l'héritage bâti ardéchois, je vous remercie pour votre attention.

Michel FAURE

   Retour

 

DHTML Menu / JavaScript Menu Powered By OpenCube