retour accueil

SOCIÉTÉ DE SAUVEGARDE DES MONUMENTS ANCIENS DE L'ARDÈCHE

PRÉSENTATION DE L'ASSOCIATION

Aider les collectivités, municipalités ou associations, à mener à bien des projets de restauration de bâtiments présentant un intérêt architectural ou historique, souvent les deux à la fois, est l'objectif que s'est fixé la Société de Sauvegarde des Monuments Anciens de l'Ardèche qui a été créée en 1955 et déclarée d'utilité publique en 1983. Les buts de la société, tels qu'ils figurent dans ses statuts, sont de rechercher, de faire connaître et de contribuer à sauvegarder les monuments et objets d'art du département de l'Ardèche, plus particulièrement ceux non classés ni inscrits à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. La Société peut également apporter au Service des Monuments Historiques sa contribution financière à la restauration de certains édifices classés ou inscrits.
Le siège de la société est aux Archives Départementales de l'Ardèche à Privas. Elle ne rémunère aucun permanent ; elle est intégralement animée par des bénévoles. En dehors de quelques frais généraux inévitables qui représentent environ 4 % du budget, l'essentiel des cotisations versées par les adhérents peut donc être utilisé pour subventionner des travaux de sauvegarde. Depuis 50 ans, huit présidents se sont succédé à la tête de la société :

L'action de la société en faveur du patrimoine ardéchois s'exerce à plusieurs niveaux :

¤ Il y a d'abord un travail de recherche pour déterminer les bâtiments méritant d'être restaurés, mené par les membres du Conseil d'Administration et de nombreux adhérents. Il n'existe pas d'inventaire exhaustif du petit patrimoine ardéchois, dont la réalisation représenterait un labeur colossal, même si quelques initiatives locales s'y sont attelées.

¤ Vient ensuite, le cas échéant, une intervention auprès des élus pour les convaincre de la nécessité d'une restauration et les informer des possibilités d'aide que peut leur offrir la Société. Mais il faut reconnaître que, bien souvent, heureusement, ce sont eux, ou des associations locales, qui prennent les devants, sans qu'il y ait besoin de les solliciter.

¤ Ceci implique l'établissement de dossiers de financement permettant d'obtenir les subventions indispensables à la réalisation de ces projets. Les interventions financières de la société s'exercent de plusieurs façons.

- Avant tout, par l'intermédiaire du Conseil Général avec qui une étroite collaboration s'est établie dès la création de l'association au niveau de la Direction Départementale des Affaires Culturelles et du Patrimoine. C'est d'un commun accord que le programme de subventions sur le budget dit de sauvegarde des monuments non protégés est établi chaque année et, si des dossiers parviennent directement au Département, les solliciteurs sont priés de les transmettre à la Société de Sauvegarde. Mais d'autres lignes budgétaires, comme celle de l'aide aux communes peuvent être utilisées. De six à dix dossiers sont ainsi retenus chaque année (7 en 2003 et 8 pour 2004), pour un montant global de subventions pouvant aller jusqu'à 45 000 euros.

- Depuis quelques années, d'autres possibilités d'aide sont explorées et, parfois, utilisées.

- À un niveau beaucoup plus modeste compte tenu de ses ressources, la Société attribue des subventions sur fonds propres qui ne sont pour autant pas négligeables et sont fort appréciées par les communes à petit budget.

À titre historique, les deux premiers monuments restaurés furent l'Ermitage d'Ucel près d'Aubenas et le Pont Valgelas à Annonay. Depuis, environ deux cents chantiers de restauration ont été réalisés sur tout le département grâce à l'intervention de la Société. Sans chercher à être exhaustif, on peut citer parmi les édifices les plus représentatifs les châteaux de Rochebonne, de la Chèze, de Banne, de Ventadour, de Desaignes, la tour de Brison, les villages de Saint-Montan et de Beauchastel, Notre-Dame-d'Ay, la chartreuse de Bonnefoy où l'action se continue avec un projet sur trois ans, approuvé en 2003, de restauration des murs de l'église, les églises de Nieigles, de Pranles, de Meysse, de Naves, de Pourchères, des chapelles à Baix, à Cornas, à Boulieu-lès-Annonay, etc.
En plus de ces activités de sauvegarde, la Société organise trois fois par an, au printemps, en automne et au mois d'août, des sorties-conférences d'une journée destinées à faire connaître à ses membres les trésors patrimoniaux de l'Ardèche. La sortie d'août est faite en association avec l'Amicale des Ardéchois à Paris ; au cours de celle d'automne, se tient l'assemblée générale annuelle de l'association.
Enfin, il est important de mentionner que, par décision du Préfet de l'Ardèche, la Société de Sauvegarde, en la personne de son président, a été nommée récemment représentant de la Préfecture au Conseil d'Administration du CAUE de l'Ardèche (Conseil en Architecture, Urbanisme et Environnement) et, par ailleurs, membre permanent de la Commission Départementale des Sites.

Guy DELUBAC


CONSEIL D'ADMINISTRATION

MEMBRES D'HONNEUR

MEMBRES DE DROIT

MEMBRES ÉLUS

INVITÉS PERMANENTS


CINQUANTENAIRE DE L'ASSOCIATION

Exposé présenté à l'Espace Ouvèze à Privas le 15 octobre 2005, lors de l'Assemblée Générale,
par Michel FAURE , président honoraire

Mesdames, Messieurs,

Le patrimoine français bâti ne comporte pas seulement les monuments et les sites inscrits au Patrimoine Mondial par l'UNESCO, tels que les prestigieux châteaux de la Loire, ou les grandioses cathédrales gothiques. Il est également riche d'une multitude d'édifices plus modestes, témoins d'un passé récent ou pluriséculaire, reflets de la vie quotidienne de nos aïeux.

Jusqu'au milieu du vingtième siècle (1950 environ), cette petite architecture rurale ne semblait pas faire l'objet d'une attraction particulière, même de la part des habitants voisins. Et pourtant, un département traditionnellement rural comme l'Ardèche, parmi d'autres, présente un ensemble unique de maisons-fortes, de fermes à toits de lauzes, de sobres chapelles romanes, de moulins, de ponts, de tours de guet, de croix de pierre... Ce ne sont là que des exemples... !

Donc, jusque vers 1950, les seuls monuments anciens de l'Ardèche susceptibles d'être sauvegardés étaient :

- d'une part, les bâtiments et sites classés Monuments Historiques (depuis 1840), ou inscrits à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques (depuis 1925), dépendant directement des pouvoirs publics. (En Ardèche, il y en a 150 des premiers et 130 des seconds).

- d'autre part, les édifices que quelques municipalités éclairées, ou de rares associations Les Amis de ..., ou même des particuliers, restauraient avec beaucoup de mérite, mais au coup par coup et sans véritable coordination.

La prise de conscience réelle de la richesse de notre patrimoine départemental date de 1955, il y a cinquante ans, où un groupe d'ardéchois se rassemblait autour de Louis Bourbon, d'Annonay, pour créer la Société de Sauvegarde des Monuments Anciens de l'Ardèche, sous la forme d'une association régie par la loi de 1901. Elle avait pour but, et elle l'a toujours, « de rechercher, de faire connaître et de contribuer à sauvegarder les monuments et objets d'art du département, plus particulièrement ceux non Classés ni Inscrits ». Je précise que cette association fut déclarée d'Utilité Publique en 1983.

C'est ainsi que depuis 1955, depuis cinquante années, se sont succédé sept présidents :

Mais je ne saurai oublier les rôles joués, en particulier par M. Jean OISEL, cheville ouvrière de la Sauvegarde pendant 25 ans, ou par des membres successifs de Conseils d'Administration, malheureusement disparus, mais dont les mérites ont été immenses, tels que Madame Pierre VALETTE-VIALLARD, Madame CHAPUS, l'abbé ARNAUD, l'abbé CHARAY, Robert SAINT-JEAN, le colonel CELLIER, François MALARTRE, Jacques d'INDY, Jean ARSAC, François CHAIX ... Que de visages défilent devant moi-même, membre de notre association depuis 1965, administrateur depuis 1973, vice-président en 1979 et président de 1990 à 2000, succédant au général de PAMPELONNE auquel je dois beaucoup ! Je suis donc à même, avec d'autres certes, mais rares, de juger l'œuvre entreprise, et réussie, par des bénévoles intégraux, individualités d'origine sociale, professionnelle, religieuse, idéologique même, différente, au sein même de notre association, et en particulier au sein du Conseil d'Administration...

Au cours de ces cinquante ans, trois groupes d'activités ont vu le jour :

 - 1. La principale, notre raison d'être, la restauration de quelques 150 à 160 monuments publics. civils ou cultuels, financée, en totalité ou en partie (c'est le cas le plus général) par la Sauvegarde, quadrillant l'intégralité du département, personne ne peut le nier ! Dites-vous bien que, depuis une quinzaine d'années, à chaque réunion du conseil d'administration (il y en a 4 ou 5 par an) ce sont environ quinze dossiers qui sont présentés, épluchés et généralement pris en compte.

   Parmi ceux qui ont fait l'objet de plusieurs tranches de travaux, citons les vestiges de Rochebonne, les villages de Saint-Vincent-de-Barrès, de Rochemaure, de Saint-Montan, de Desaignes, les châteaux de Banne, de La Chèze, de Notre-Dame-d'Ay, la tour de Brison. Les églises et chapelles, elles, font l'objet d'interventions plus ponctuelles.

   Chronologiquement, je rappelle que les deux premiers bâtiments qui avaient retenu l'attention de la Sauvegarde avaient été l'ermitage d'Ucel et le pont Valgelas à Annonay.

   Toutes ces restaurations furent financées :

- soit par le Conseil Général sur proposition de la Sauvegarde, en un programme annuel élaboré en présence de l'Architecte des Bâtiments de France.

- soit par les fonds propres de la Sauvegarde, c'est-à-dire les cotisations de ses membres, dont le nombre a toujours oscillé entre 400 et 600.

 - 2. Les sorties-conférences, en principe au nombre de trois chaque année, dont celle d'été qui est couplée avec la sortie d'été de nos amis les Ardéchois à Paris : la dernière était à Annonay en août 2005. Ces sorties regroupent entre 100 et 140 participants, quelquefois plus, et posent des problèmes d'intendance : 80 voitures à garer, à déplacer sur de petites routes départementales, présence d'une salle de restauration suffisante ... Les commentaires sont toujours assurés par les personnes les plus compétentes. Enfin, il faut respecter, autant que faire se peut, la sacro-sainte répartition géographique entre le nord, le centre et le sud du département !

 - 3. Deux réalisations éditées :

- Le volume de 380 pages Visites à travers le Patrimoine Ardéchois paru en 1985, véritable travail de bénédictin réalisé par François MALARTRE, et regroupant trente années de nos sorties, avec des illustrations de Michel CARLAT.

- La plaquette Itinéraires Ardéchois, parue en 1993 sous l'égide de Patrimoine Rhônalpin, en collaboration avec la délégation de l'Ardèche des Vieilles Maisons Françaises.

   Voici pour nos réalisations, mais un point sur lequel j'insiste c'est que la Sauvegarde ne travaille pas en circuit fermé, elle est ouverte à tous et entretient des liens permanents avec la Préfecture de l'Ardèche, le Conseil Général, notre interlocuteur privilégié, les Archives Départementales qui hébergent notre siège, le Service Départemental d'Architecture, la Revue du Vivarais, les V.M.F., l'Amicale des Ardéchois à Paris, ainsi qu'avec la plupart des associations Les Amis de ...et avec tous les maires dont nous étudions les dossiers.

   Enfin j'attire votre attention sur le fait que la Sauvegarde n'a jamais rémunéré aucun permanent (c'est rare pour une association départementale) ; elle est intégralement animée, depuis 1955, par des bénévoles ; ses frais généraux ne dépassant pas plus de 4% du montant des cotisations.

   Nous avions commémoré notre trentième anniversaire le 19 octobre 1985 à Alba, notre quarantième anniversaire le 4 mai 1996 à Annonay, et nous voici, pour nos cinquante ans, à Privas, non pas pour écouter un nostalgique retour en arrière (mais il fallait le faire !), mais surtout pour nous tourner vers l'avenir de notre Société de Sauvegarde des Monuments Anciens de l'Ardèche qui aura toujours un rôle à jouer. Car, déjà en 1794, l'ardéchois BOISSY d'ANGLAS évoquait, parlant du patrimoine bâti de notre pays, « un superbe et vaste héritage que la France ne saurait répudier sans honte ».
Appliquant cette courte phrase à l'héritage bâti ardéchois, je vous remercie pour votre attention.