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BRAHIC
Église Notre-Dame de l'Assomption

Église de Brahic

Église de Brahic vue du bas du village
À remarquer les deux oculi dans le mur du chevet

À quelques kilomètres des Vans, le petit village de Brahic serre ses maisons de schiste sombre à 500 mètres d'altitude sur les flancs du Serre de Barre. Seuls les encadrements de portes et de fenêtres en calcaire apportent une note plus claire sur ces façades d'aspect sévère.

le village de Brahic Une rue

Juchée au plus haut du village, l'église Notre-Dame de l'Assomption s'ouvre au midi sur une petite place ombragée, sous un porche au fronton triangulaire.

Le porche Le portail

Ce porche abrite un portail dont les trois voussures s'appuyent sur des colonnes aux chapiteaux sculptés. La colonne de droite est à section circulaire, tandis que celle de gauche est à section octogonale. Les décors des chapiteaux, assez frustes et très usés, laissent apparaître à droite des feuillages stylisés, à gauche deux animaux avec une seule tête aux longues oreilles.
Sur une des impostes qui supportent le linteau, une sculpture plus réaliste représente un tonnelet et une tasse.

chapiteau du portail

Des feuillages stylisés...

chapiteau : tête aux longues oreillest

Une tête aux longues oreilles

un tonnelet et une tasse

Un tonnelet et une tasse

La nef et l'abside sont datées du xiie siècle, mais la voûte a été refaite au xviie siècle, en même temps qu'étaient rajoutées les chapelles latérales. Le chevet rectangulaire, dont la forme est inhabituelle dans la région, est curieusement percé de deux ouvertures circulaires.

intérieur de l'église

Au sujet des cloches

Il est possible que le beau clocher-peigne à quatre baies, mais qui n'abrite plus actuellement qu'une seule cloche, soit postérieur au reste de la construction.
Il se raconte bien des histoires à son sujet... Il aurait été frappé à plusieurs reprises par la foudre, en particulier en 1710 selon Albin Mazon (Voyage dans le Midi de l'Ardèche, p. 289) et une cloche aurait fondu... Cet auteur ajoute : « Un orage d'un autre genre atteignit ce malheureux clocher en 1793. Cette fois le fluide s'empara délicatement d'une autre cloche et la transporta au clocher de Joyeuse. Les vieillards de Brahic assurent qu'elle y est encore et qu'ils distinguent ses tintements quand le vent souffle de la Champ du Cros. »
Une note des rééditeurs de l'édition de 1976 du Voyage dans le Midi de l'Ardèche nous livre l'interprétation suivante du texte d'A. Mazon : « Allusion au décret de 1793 de la Convention concernant le bronze des cloches ; comme dans bien d'autres villages, la cloche de Brahic prit le chemin du chef-lieu de district du Tanargue (Joyeuse) en attendant d'être envoyée et fondue à Montpellier. »
Cependant la cloche actuelle date de 1714. Elle porte les inscriptions suivantes :« IHS a fulgure et tempestae defende nos domine sancte » et « Maria patrona nostra ora pro nobis ». Elle est ornée d'un ostensoir entre deux feuilles de châtaignier et également d'une Vierge à l'enfant. Le fondeur était Jacques Serrot.

Paul Bousquet

Sources