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GRAVIÈRES
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Commune
très étendue, Gravières présente
un habitat très dispersé
comportant un grand nombre de fort belles maisons. À l'écart
de la route, le "centre" du village ne regroupe
autour d'une vaste place occupant l'emplacement de l'ancien
cimetière,
que la mairie, l'école et l'église
Saint-Victor.
Cette dernière a fait l'objet de
plusieurs visites de la Société de Sauvegarde,
notamment en 1974 et 1986.
Par ailleurs, notre association a
apporté son concours à la remise en état d'un ensemble
monumental particulier, le Sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes, encore
appelé le Rosaire.
- L'église Saint-Victor
Nous nous référons pour
cette présentation
aux comptes rendus des visites du 26 octobre 1974 et du 11 octobre 1986. Pour
cette dernière, les commentaires étaient faits par Robert
SAINT-JEAN.
L'église St-Victor est
classée
M.H. depuis 1907. Gravières, jadis le plus important
centre religieux de la région, constituait un doyenné enclavé dans
le diocèse de Viviers, une sorte de sous-diocèse
comprenant 14 paroisses jusqu'en 1790, date d'un démembrement
qui les répartit entre les diocèses
de Viviers, Nîmes et Mende.
Une première mention de Gravières
apparaît
en 1096, date de la cession par l'évêque d'Uzès
de l'église aux chanoines de Saint-Ruf, lesquels
la rétrocèdent en 1200 à l'évêque
d'Uzès. En 1373 est fondée la chapellenie de
Tous les Saints et plus tard celle de N.-D. de la Tribune
par les Fustier de Combret qui y ont leur tombeau.
Parmi les familles notables, on peut encore citer les
Du Roure (déjà mentionnés à Brahic),
les De la Tour, les De Malbosc...
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Extérieurement n'apparaît de l'édifice
primitif qu'une partie de l'abside romane, bien conservée
avec sa frise ornée de modillons. R. Saint-Jean insiste
sur la qualité de l'appareil en moellons de grès
taillés avec soin et assemblés à joints
fins.
Au sud, le mur de la nef du XIIe siècle
est entièrement masqué par des adjonctions ultérieures, à savoir,
d'est en ouest, deux chapelles latérales, la seconde supportant
le haut clocher construit au XVIe siècle, puis un très
beau porche gothique flamboyant et enfin la travée occidentale ajoutée
au XIXe siècle.
Le porche gothique est remarquable par son dessin
et la qualité de sa réalisation avec ses arcs
en accolades aux multiples voussures ; c'est une oeuvre qui témoigne
de la virtuosité des artisans tailleurs de pierre du XVIe siècle
et qui est significative de la période baroque du gothique flamboyant.
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| Quant à la
travée occidentale du XIXe siècle,
on doit se féliciter que son constructeur, l'abbé Canaud,
ait eu le mérite, fort rare à cette époque,
de respecter l'harmonie du monument et de continuer la
construction dans un appareil de qualité semblable à l'ancien. |
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Intérieur
Les deux travées primitives
de la nef sont couvertes d'une voûte en berceau très
légèrement brisé, qui est renforcée
par des arcs doubleaux retombant sur de hautes colonnes engagées. Elles
sont séparées de l'abside semi-circulaire
voûtée
en cul-de-four par l'arc triomphal et par une très
courte travée de chœur voûtée
en plein cintre. La travée occidentale du XIXe siècle
est, elle aussi,voûtée en plein cintre. L'ensemble est recouvert
d'un décor
peint datant du XIXe siècle.
Y-a-t-il des fresques anciennes au-dessous ? Les églises
romanes étaient peintes. Étant donné la
qualité de l'appareil
extérieur, on peut supposer un intérieur semblable.
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Quelques
curieux chapiteaux, de facture assez primitive, surmontent
les colonnes : Sur l'un, un personnage entre deux arbres
est généralement
interprété comme représentant Adam,
peut-être choisissant entre l'arbre de Vie et celui
de la Connaissance. On trouve aussi plusieurs représentations
d'un personnage avec deux grandes ailes, peut-être "l'aigle
de Cluny". Dans la chapelle de la Vierge les nervures
de la voûte retombent sur des "culs-de-lampe" figurant
un visage d'homme, puis deux animaux. Aux fonts baptismaux
se voient les vestiges d'un ancien retable et une cuve
en pierre (carolingienne ?). |
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D'autres têtes sculptées apparaissent
encore sur la flèche du clocher ; la clef de voûte
du porche représente deux visages en opposition. |
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- L'arbre
de Jessé
L'église
de Gravières renferme un remarquable bas-relief, représentant l'arbre
de Jessé, pièce très rare que Robert Saint-Jean
a étudiée en détail et a datée de la fin
du XIVe siècle.
Ce retable a la forme d'un tryptique ouvert. Il mesure 2,47 m dans sa
plus grande hauteur et 2,25 m de large.Il est taillé dans un ensemble
de dalles rectangulaires en calcaire beige clair à grain serré.
Le panneau central représente l'arbre de
Jessé. De Jessé couché sur le sol sort une vigne en
forme de candélabre dont les six paires de branches aux enroulements
symétriques recouvrent tout le panneau. Au centre des volutes sont
douze petits personnages représentant les rois de Juda, ancêtres
de Jésus, dont David, fils de Jessé est le premier.
Au sommet de l'arbre se tient la Vierge à l'Enfant.
De part et d'autre de ce panneau central, douze panneaux
latéraux illustrent la vie du Christ.
L'ensemble a été malheureusement très
mutilé au cours des guerres de Religion, les visages en particulier
ayant été bûchés.
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Le maître-autel du XVIIesiècle
L'église contient un autre objet d'art digne d'intérêt.
Il s'agit du maître-autel en bois doré, à l'ornementation chargée, qui
n'est en place que depuis le milieu du XIXesiècle,
mais qui daterait de la fin de la première moitié du XVIIe.
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L'arbre
de Jessé |
Au-dessus de la niche qui surmonte le
tabernacle, on remarque une couronne qui est sans conteste
celle des souverains d'Espagne, ce qui ne laisse aucun
doute sur l'origine de l'autel, qui est probablement un
don de l'État. On dit même qu'il fut offert
par l'impératrice
Eugénie, épouse
de Napoléon
III, mais le fait n'est pas avéré.
Bibliographie
- SCHNETZLER J. «L'église paroissiale Saint-Victor de
Gravières»,
Revue du Vivarais, janvier-juin 1995, p. 107-139.
- Dr FRANCUS (alias A. MAZON), Voyage dans
le Midi de l'Ardèche, rééd. Aubenas : Lienhart,
1976, p. 179-185.
- FABRE-MARTIN C. Églises romanes oubliées du Vivarais, Montpellier :
Les Presses du Languedoc, 1993, p. 254-256.
- CLÉMENT P.-A. Églises romanes oubliées
du Languedoc, Montpellier : Les Presses du Languedoc,
p. 266-268.
- Au sujet de l'Arbre de Jessé : SAINT-JEAN R. «Le
retable de l'arbre de Jessé à Gravières (Ardèche)» dans «Le
grand retale de Narbonne», Actes du premier colloque d'histoire
de l'art méridional (1988), Narbonne 1990.
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