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| LAMASTRE (Retourtour, Église
de Macheville) - MONTEIL (Cne
du Crestet) (11 octobre 2008) |
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| Nous sommes accueillis à Retourtour,
au pied du rocher supportant les vestiges du château, par M.
Chosson, premier adjoint au maire de Lamastre. Celui-ci nous fait part
du regret de M. Jean-Paul Vallon, maire et conseiller général,
de ne pouvoir nous accueillir lui-même, du fait de la tenue le
même jour du congrès des maires de l’Ardèche. M. Chosson nous présente d’abord un résumé de l’histoire de Retourtour, en s’appuyant sur des documents dus à Jean-Claude Bouvier, adhérent de très longue date de la Sauvegarde, bien connu de la plupart d’entre nous, qui a beaucoup travaillé et publié sur le patrimoine de Lamastre et de sa région. |
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![]() Retourtour |
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La capella de Retortorio faisait déjà partie
de la donation faite en 961 à l’abbaye Saint-Chaffre
du Monastier par Geilin, comte de Valentinois, confirmée par
la bulle du pape Alexandre III de 1179. Ceci montre l’ancienneté du
site de Retourtour. Le château est établi dans un ancien méandre du Doux, sur une petite éminence rocheuse. Il n’occupe donc pas une situation dominante, mais un fond de vallée qui lui permettait de contrôler l’itinéraire reliant la vallée du Rhône au Puy par la vallée du Doux. |
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Parmi ses vestiges,
on remarque un grand mur percé de trois fenêtres qui
est la face méridionale d’un grand bâtiment quadrangulaire
que l’on date de la fin du Moyen Âge. Celui-ci était
protégé par de hautes courtines et l’on pénétrait
dans cette enceinte par une tour porche quadrangulaire dont subsiste
la face extérieure sous la forme d’un mur haut et étroit.
Retourtour est aussi un hameau de Lamastre qui a succédé au
bourg castral, développé autour de la basse-cour du château
et dont les maisons formaient une deuxième enceinte, protégeant
celui-ci au nord et à l’est. Au centre de la basse-cour
s’élevait la chapelle Saint-André appartenant toujours
aux moines de Saint-Chaffre. |
![]() Vestiges du château de Retourtour |
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| M. Chosson évoque
ensuite les projets de la municipalité pour l’aménagement
des bords du Doux et du site de Retourtour. Les ruines sont aujourd’hui
en piteux état et envahies par la végétation.
Elles posent par ailleurs un problème
de sécurité car elles surplombent certaines maisons du
hameau, au point que certains évoquent même la nécessité de
leur démolition. Leur restauration devient donc une priorité.
Des projets avaient été élaborés il y a
déjà huit ans. Mais aucune suite ne leur a été donnée.
Plus récemment, en 2004, les ruines de Retourtour ont été incluses
avec trois autres sites dans un ambitieux projet de réhabilitation
patrimoniale. Piloté par le Plan local d’insertion par
l’emploi (PLIE) du Valentinois, il prévoyait la réalisation
de travaux par des chantiers d’insertion. Mais, après
une période d’euphorie, l’affaire est tombée
en sommeil. M. Chosson nous a dit qu’il était envisagé de
remettre ce projet en route. La Société de Sauvegarde,
qui suit l’affaire depuis le début, ne peut que s’en
réjouir. Nous nous rendons ensuite à Macheville pour la visite de l’église. Sur un promontoire séparant les vallées du Doux et du Grozon, celle-ci domine un quartier correspondant à l’une des trois communautés qui, avec celles de Retourtour et de Savel, sont à l’origine de l’actuelle commune de Lamastre. Dans le cartulaire de l’abbaye Saint-Chaffre du Monastier, Macheville apparaît sous le nom de mansus cavillanus, c’est-à-dire « la propriété de Cavillanus », ceci certainement du nom d’un colon gallo-romain. La découverte de sarcophages ainsi que de divers autres objets (vases, lampes en terre cuite) lors du creusement des fondations de la nouvelle façade et du clocher au XIXe siècle confirme que ce lieu était déjà habité à l’époque gallo-romaine. Église de Macheville Historique |
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| Au XVIIe siècle d’abord, on éleva une chapelle dite « des Saints Os » destinée à recevoir les dépouilles de sept prêtres, dont le prieur et plusieurs moines de Macheville ; la tradition rapporte qu’ils ont été massacrés par une troupe protestante en 1587. Au XIXe siècle, la chapelle fut agrandie et reliée à l’église par un nouveau bâtiment à usage de sacristie. | |||||||
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Quatre autres chapiteaux sont décorés
de rinceaux et de bottes d’acanthe, au milieu desquelles apparaissent,
sous les tailloirs, des têtes humaines ou des roses. Un autre, assez dégradé, montre encore, en partie basse, une palissade dans laquelle s’ouvre une porte avec fronton. Au-dessus, une haute colonnade et, sous le tailloir, une rose. Le dernier des huit présente aussi une palissade devant laquelle passent des animaux et, en partie haute, un couronnement d’oves surmontant une ligne de godrons. Enfin, deux chapiteaux se situent de part et d’autre de la nef. Très différents des précédents, car traités en méplat, on peut penser qu’ils sont plus récents. Sur l’un on peut reconnaître des feuilles de châtaignier, des animaux, des rouleaux de dépiquage évoquant les grains, le tout symbolisant la terre nourricière, nous dit J.-C. Bouvier. Le dernier présente deux motifs que l’on pense symboliser la médisance et la calomnie. À l’angle droit de la corbeille, un visage. De sa bouche s’échappe un serpent, qui après de multiples contorsions atteint l’oreille. On se souvient que le même motif se retrouve sur un des deux chapiteaux placés en remploi aux angles de la façade de l’église de Saint-Félicien (4). Sur la partie gauche c’est un renard qui susurre à l’oreille d’un autre personnage. |
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![]() La médisance |
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| Monteil (Commune du Crestet) La paroisse de Monteil est installée à deux pas du village du Crestet, sur un petit mamelon, dans une boucle du Doux. Le hameau est charmant avec ses habitations regroupées autour de la petite église. À noter que les fenêtres sont principalement ouvertes sur l’intérieur du bourg ; il y a peu d’ouvertures côtés nord et ouest. Certains bâtiments, anciennes maisons fortes, sont remarquables. Nous avons eu la chance inopinée qu’un des propriétaires, Monsieur Gibert, nous ouvre la sienne. Voici donc un petit compte rendu de ces deux visites : l’église de Monteil et la maison forte des Boissières autrement nommée « le petit château » de Guillaume d’Allier. |
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La maison forte des Boissières à Monteil À proximité de l’église, côté sud du hameau, de superbes bâtiments ne manquent pas d’attirer l’attention. Il s’agit du « petit château » habité au XVIe siècle par Guillaume d’Allier explicitement désigné (en 1532) comme seigneur de Monteil et coseigneur de Saint-Agrève et la Bâtie d’Andaure. Cette maison forte se présente aujourd’hui avec une cour fermée, au nord, par un mur avec portail d’accès, à l’est, par des dépendances, au sud, par des bâtiments agricoles et à l’ouest, par l’habitation avec tour (hélas arasée). Au premier étage, de magnifiques fenêtres du XVe siècle subsistent, ainsi qu’une partie de bretèche au-dessus de la belle porte d’entrée à accolade. |
![]() La maison forte des Boissières à Monteil |
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![]() Armoiries au-dessus d'une porte à l'intérieur de la maison forte |
Monsieur Gibert, propriétaire
actuel et restaurateur de cette belle demeure nous a accueillis avec
une immense gentillesse pour nous faire partager sa passion de la pierre
et du bois. Tout, des ouvertures (fenêtres, portes, grilles),
jusqu’aux passes de toit, a été restauré avec
soin et respect des matières et techniques anciennes. Nous avons
pu admirer les magnifiques et lourdes portes extérieures, cloutées,
en châtaignier, ainsi que les portes internes, en noyer, à décor
en plis de serviette, que le propriétaire a lui même exécutées
et sculptées. Pour toutes les ouvertures, des serrures d’époque,
aux mécanismes complexes et aux clés énormes,
ont été chinées au gré des brocantes et
patiemment remises en état par ses soins. La cuisine a conservé son imposante cheminée ardéchoise, typique des maisons fortes de la fin du Moyen-Âge, ainsi que son potager. De cette pièce, une belle porte surmontée d’armoiries (peut-être celles de la branche catholique de la famille d’Allier ?) ouvre sur la tour où l’escalier à vis conduit à une élégante salle de réception avec cheminée monumentale en pierre. |
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| Un grand savoir-faire,
beaucoup de patience et de passion, une belle maîtrise des techniques,
ont abouti à une restauration magnifiquement réussie
menée durant de longues années par Monsieur Gibert. Nous
le remercions encore de nous avoir si aimablement ouvert les portes
de ce très joli et ancien édifice ardéchois.
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| P. Bousquet (Retourtour - Macheville), G. Delubac (Retourtour), J. Fournet-Fayard (Monteil : texte et photos) | |||||||