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Montpezat
Ancienne église Notre-Dame de Prévenchères

ND de Prévenchères

Notre-Dame de Prévenchères

Bref historique

Montpezat était au Moyen-Âge un lieu d'échanges et une étape obligée pour les muletiers, les marchands, les pèlerins en provenance du Midi, avant qu'ils n'abordent la rude côte du Pal qui leur permettait de franchir la barrière des Cévennes pour atteindre le Haut-Plateau et poursuivre leur route vers Le Puy et au-delà.
Dès le xe siècle, une manse avait été donnée à l'abbaye Saint-Chaffre du Monastier « in villa quae dicitur Pervencheriis ». (Cartulaire de Saint-Chaffre CCXCIII). Les bénédictins de Saint-Chaffre édifièrent en ce lieu un prieuré dont la possessioin leur est confirmée à plusieurs reprises par des bulles pontificales au cours des xiie et xiiie siècles. Ce prieuré perdura certainement jusqu'à la Révolution puisqu'on sait qu'il dépendait encore du Monastier vers 1760. (cf. Mazon, loc. cit.)

L'édifice

L'église de ce prieuré, Notre-Dame de Prévenchères, a notamment conservé de l'époque romane sa façade occidentale avec son large portail à triple voussure et son clocher-mur, ainsi que son chevet à trois absides polygonales.

Faç occidentale

Façade occidentale

Chevet

Chevet

plan de l'église

Plan d'après Robert Saint-Jean, Vivarais-Gévaudan roman

L'édifice a été gravement endommagé durant les guerres de Religion, ainsi que l'indiquent deux inscriptions gravées sur un pilier à l'entrée de la nef : « l'an 1567 ceste eglise a este destruite par les huguenotz », « a este releve l'an 1584 ».

L'édifice roman était formé d'une nef unique de deux travées prolongée par une courte travée de chœur et une profonde abside polygonale, ainsi que d'un transept sur lequel s'ouvraient deux absidioles, de dimensions plus réduites, mais de même forme que l'abside centrale. Son plan respectait donc le schéma classique des sanctuaires dits de style « bénédictin » dont on connaît maints exemples en Vivarais, mais ses dimensions, 25 mètres de long sur plus de 20 mètres de large, étaient particulièrement importantes.
L'église a été voûtée sur croisées d'ogives lors de la reconstruction qui a suivi les destructions du xvie siècle, mais les robustes piliers cantonnés de nombreuses colonnes et les arcs de la croisée du transept ont été conservés. Peut-être supportaient-ils autrefois une coupole sur trompes, comme c'était généralement le cas dans ce type d'édifices, mais nous n'en avons pas la preuve. Des chapiteaux ornés de feuilles plates et à crochets coiffent ces colonnes.

Le chœur
Croisée du transept couverte d'une voûte ogivale

L'abside centrale, précédée d'une courte travée de chœur et les deux absidioles ouvertes sur le transept

Croisée du transept couverte d'une voûte ogivale


Pilier sud-est du transept
Pilier sud-est du transept - Détail

Détail du pilier sud-est de la croisée du transept

Aux xve et xvie siècles, des chapelles voûtées d'ogives ont été édifiées de part et d'autre de la nef et ont ensuite été réunies pour former deux collatéraux, transformant l'édifice en une église à trois nefs. À l'extrémité nord du transept, se trouve une petite chapelle gothique à croisée d'ogives sexpartite et le long du collatéral sud s'étend une étroite galerie longue de quatre travées qui, selon certains auteurs, serait le vestige d'un cloître.
Les arcs ogifs de la nef et de la croisée du transept reposent sur des consoles ornées de sculptures, des feuillages d'où émergent des masques humains, une tête de bœuf (ou de bélier) pour le pilier sud-est de la croisée du transept, des personnages tenant des phylactères ou un instrument de musique.

Notre-Dame de Prévenchères fut l'église paroissiale de Montpezat jusqu'en 1885, date de consécration de l'église actuelle située dans la partie haute du village. Désaffectée et abandonnée, elle fut même systématiquement pillée et menaçait de s'effondrer lorsqu'en 1944 elle fut enfin classée Monument historique. De 1963 à 1969 une campagne de restauration des toitures a mis l'édifice hors d'eau et a consolidé les voûtes. Sa remise en état a depuis été poursuivie.

Paul Bousquet

Sources