| ROCHECOLOMBE |
Le 4 août 2006 a eu lieu l'inauguration
de la restauraton du site médiéval de Rochecolombe, travaux
auxquels la Sauvegarde a apporté son concours.
Outre quelques clichés pris au cours de cette
cérémonie, nous saisissons cette occasion pour publier ci-dessous
le compte rendu d'une visite de ce site faite par la Sauvegarde en
1975. Les photos illustrant ce texte datent de 2002. |
 |
 |

M. G. Delubac, président de la Société de Sauvegarde des
Monuments anciens de l'Ardèche (à droite), en conversation
avec M. Gimond. |
 |

On reconnaît ici Mme Labrot, maire de Rochecolombe, M. Pouzache
(1er à partir de la gauche), M. Gaillard, conseiller général
(2e à partir de la gauche) |
 |
Inauguration
de la restauration du site médiéval de
Rochecolombe (4 août 2006)
|
Visite de Rochecolombe par la
Sauvegarde en 1975
La première sortie de l'année a de nouveau
connu un grand succès tant du fait de la clémence du temps que du nombre
très élevé de participants et de l'intérêt des sites visités.
|

Le
site de Rochecolombe
Le vieux village
abandonné s'étale
sur une pente raide que domine un vestige de donjon jouxtant
la Chapelle Saint-Barthélemy intacte, dans laquelle se sont
réunis, l'an passé cent quatre-vingt-dix membres
de la famille de Vogüé venus des quatre coins
de France. Elle servit d'église paroissiale jusqu'en
1847 après avoir subi plusieurs agrandissements, le
plus récent formant la travée où donne
la porte d'accès datée de 1830 ; la travée
suivante est couverte d'une voûte d'arête assez
grossière. Au fond, une étroite fenêtre
romane très ancienne. La paroi de gauche est,
jusqu'à mi-hauteur, constituée directement
par le rocher. À droite du choeur, une chapelle voûtée
sur croisée d'ogives flanquée d'une seconde
chapelle voûtée en berceau. |
À l'angle
de la première, creusé dans le roc, un caveau
dans lequel furent ensevelis de nombreux membres de la famille.
On lit sur la dalle : "Ici reposent Jean de Vogüé mort
en 1552 et son fils Guillaume en 1602, précédés
de douze générations de chevaliers", ce
qui ferait remonter au début du XIIIe siècle
l'origine de la famille. Guillaume joua un rôle très
important en Vivarais au cours de la seconde moitié du
XVIe siècle et son petit-fils Balthazar
fut même Chevalier de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem.
On voyait jadis, encastrés dans les murs,
le blason des Vogüé figurant un coq, un petit édicule
de pierre appelé la monstrance de saint Barthélemy et sous
la fenêtre de droite le bas-relief des douze apôtres. Ces trois éléments
architecturaux ont été prudemment, en dépit des regrets
de la population, transférés et remontés dans l'oratoire
restauré du château de Vogüé où leur surveillance
est plus aisée ; (on avait en effet déjà volé la
cloche de l'élégant campanile à trois arcatures qui
surmonte la chapelle.) |

La
chapelle Saint-Barthélemy et les vestiges d'une tour |
À noter
encore une belle ouverture cintrée faisant communiquer
les deux chapelles latérales. Une petite sacristie
voûtée possède une fenêtre d'où la
vue est impressionnante sur le village ruiné dévalant
sur la pente jusqu'au fond de la combe où quelques
maisons ont déjà été l'objet
d'heureuses restaurations.
Du château qui le dominait ne subsiste qu'un pan
du donjon hexagonal et de profondes cavités taillées dans
le roc : étaient-ce des caves ? des citernes ?
ou même un fossé défensif ? Tout près,
une maison était encore, voici quatre-vingts ans, la demeure du
sacristain. On remarque encore un petit enclos carré, vestige
d'un ancien cimetière
désaffecté en 1850. Le vieux village était encore
habité jusqu'en 1914 et ne comportait plus, voici quelques années,
qu'un seul habitant, un original vivant de l'élevage des escargots
et de la recherche des truffes. Il subsiste des vestiges d'éléments
défensifs : murailles, une porte ogivale et de petites tours
qui se désagrègent chaque jour un peu plus.
La combe est fermée par une haute falaise calcaire érodée
au pied de laquelle sourdent deux sources vauclusiennes. La plus importante
a été captée pour l'alimentation du village actuel
de Rochecolombe sis un kilomètre en aval. Jadis un aqueduc en
bois supporté par un alignement de massifs piliers de maçonnerie
qui subsistent encore, drainait les eaux vers un moulin à huile à demi
ruiné aujourd'hui. Des ponceaux en dos d'âne franchissent
le ruisseau, un sentier rustique permet d'atteindre le fond du cirque
rocheux d'où la vue sur les ruines du village est la plus saisissante.
Les photographies de la cérémonie d'inauguration
sont de Michel Rouvière
|
|