| SAINT-AGRÈVE ET SAINT-ANDRÉ-EN-VIVARAIS |
Le ciel bleu
et le soleil nous attendaient, dès neuf heures, en ce samedi
5 juin, à Saint-Agrève... Ils ne devaient pas nous
quitter jusqu'au soir. Le président Guy Delubac et son prédécesseur
Michel Faure nous accueillaient en présence de M. Weiss,
conseiller général du canton. Sous la conduite de
Henri BARIOL, un des meilleurs connaisseurs du plateau Vivarais-Lignon
(Ardèche-Haute-Loire), nous effectuions à pied la
montée au point culminant de la région, le Mont Chiniac,
où, tout au long du chemin, des explications nous étaient
données: origine et développement du bourg, vieilles
maisons à toit de lauzes, anciennes fortifications, antique
castrum, vue panoramique sur l'Auvergne à partir de la table
d'orientation. |
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Au
mont Chiniac |
| À midi,
à Saint-André-en-Vivarais, devant la plaque commémorative
de l'Espace Louis Pize, Michel Faure évoqua la grande figure
du « Virgile Vivarois », né et inhumé
à Bourg-Saint-Andéol, professeur de lettres classiques
à Lyon, poète et prosateur, mais familier de la commune
verte où il passait avec sa femme des vacances empreintes
de simplicité et où il est mort en 1976 ; son nom
reste, bien sûr, associé à ceux de ses compagnons
du Pigeonnier à Saint-Félicien, en particulier à
ceux de Charles Forot et de Marcel Béchetoille. Après
l'apéritif en plein air, offert et servi par la municipalité
de Saint-André-en-Vivarais (où nous allions rester
tout le reste de la journée), le repas préparé
par l'Auberge communale du lieu fut apprécié par
une centaine de participants.
La massive maison forte des Baumes,
située
dans un cadre aussi isolé que verdoyant, nous réunit
vers 15 heures ; nous y fûmes agréablement
accueillis par madame Lizon, veuve de celui qui a consacré 35
ans de sa vie à la restauration de cette demeure
en pierres initialement contemporaine des Templiers
et des Hospitaliers (XIIe
siècle), avec des ajouts au XVIe siècle ;
Michel Faure en donna les commentaires historiques.
Voir
ci-dessous la présentation de cette maison forte figurant dans le compte rendu de la visite du 13 août 1974.
Il reprit la parole, une heure et demie plus
tard, dans le parc du château de Montivert. Construit au
XIIe siècle, il fut entièrement réaménagé,
avec deux tours, par la famille lyonnaise de LACROIX-LAVAL qui
vendit la maison de maître néogothique en 1983 à
monsieur Dittli ; en son aimable présence et grâce
à son autorisation, nous eûmes le loisir de visiter
l'intérieur de la demeure, dont la chapelle.
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Maison
forte des Baumes
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Vers 17 heures, nous nous retrouvions quelques
kilomètres plus loin, au hameau des Ruches, devant une ancienne
maison de Béate, dont l'aventure, étalée sur
environ 300 ans (1660-1960), nous fut contée par Michel Faure.
Initialement Filles de l'Instruction, créées au milieu
du XVIIe siècle par Anne-Marie Martel (1644-1673) du Puy-en-Velay,
c'étaient des jeunes filles ou des veuves réunies
en une association diocésaine, ce qui les faisait assimiler
à des religieuses, ne serait-ce que par leur costume; établies
dans la plupart des hameaux isolés du Velay, puis de la Haute-Loire,
elles enseignaient le catéchisme, les « rudiments »...
et la dentelle; elles vivaient dans les « maisons d'assemblée
» construites par les habitants du hameau qui assuraient intégralement
la nourriture et l'entretien de leur Béate. Quelques-uns
unes de ces très modestes maisons ont été bâties
en Ardèche où, à Saint-André-en-Vivarais,
en subsistait une presque en ruines jusqu'en 1988 ; à cette
date, le Maire, Guy Pleynet, présent en cette journée
du 5 juin, et Michel Faure, alors Président de la Sauvegarde,
firent inscrire au programme 1999 du Conseil Général
la restauration de la dite maison (coût total : 117 000 F),
typique de la petite architecture rurale. L'inauguration eut lieu
en août 2000.
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La
maison de la Béate
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| Après
que le président eût remercié tous les organisateurs
de cette sortie-conférence, la dislocation vit les membres
de la Sauvegarde repartir vers leurs destinations d'origine, heureux
de cette journée passée à 1.000 mètres
d'altitude. |
5 juin 2004
Texte : Michel Faure
Photos : Paul Bousquet |
Le manoir des Baumes
Situé en contrebas, contrairement à l'usage
qui commandait d'édifier les maisons fortes sur les hauteurs, il
est assez difficilement accessible ; c'était une dépendance
de la Commanderie de Devesset dont il est distant d'un peu plus d'un kilomètre,
et on retrouve la trace des chemins à peine carrossables aujourd'hui
qui le reliaient
à la commanderie.
Ses dimensions sont d'environ 40 mètres sur 30.
Il comporte deux importantes tours rondes, brûlées au XIVe siècle
et reconstruites au XVIe. L'ensemble remonterait aux XIe et
XIIe siècles et fut modifié au
XVIe : la façade principale offre des fenêtres Renaissance
à grilles, construites à des époques différentes. La Révolution y laissa
des traces douloureuses, telle la destruction de la chapelle.
Après les commandeurs de Devesset, ce château
appartint aux Julien de Ronchal qui l'habitèrent jusqu'au début du XIXesiècle, puis à la famille Mounier, de Saint-Bonnet-le-Froid. Sans réparations
depuis 1899, occupé par des fermiers, le manoir et ses dépendances, dans
un état avancé de décrépitude, allaient tomber en ruines sans l'intervention
de M. Lizon, docteur-vétérinaire à Paris, qui s'en rendit acquéreur et
procède depuis à la restauration de l'ensemble, permettant ainsi de sauver
ces vieilles pierres et de maintenir vivante une exploitation agricole
que le fermier était sur le point d'abandonner. Tel qu'il se présente aujourd'hui,
le château des Baumes a subi peu de modifications ultérieures et a conservé
totalement l'aspect qu'il avait au XVIe siècle.
CR du 13 août 1974. |
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