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SAINT-AGRÈVE et SAINT-ANDRÉ-EN-VIVARAIS   (5 juin 2004)

Le ciel bleu et le soleil nous attendaient, dès neuf heures, en ce samedi 5 juin, à Saint-Agrève... Ils ne devaient pas nous quitter jusqu'au soir. Le président Guy Delubac et son prédécesseur Michel Faure nous accueillaient en présence de M. Weiss, conseiller général du canton. Sous la conduite de Henri Bariol, un des meilleurs connaisseurs du plateau Vivarais-Lignon (Ardèche-Haute-Loire), nous effectuions à pied la montée au point culminant de la région, le Mont Chiniac, où, tout au long du chemin, des explications nous étaient données : origine et développement du bourg, vieilles maisons à toit de lauzes, anciennes fortifications, antique castrum, vue panoramique sur l'Auvergne à partir de la table d'orientation.

Saint-Agrève : Le groupe de la Sauvegarde au mont Chiniac Saint-Agrève : Ferme au mont Chiniac

Au mont Chiniac

À midi,à Saint-André-en-Vivarais, devant la plaque commémorative de l'Espace Louis Pize, Michel Faure évoqua la grande figure du « Virgile Vivarois », né et inhumé à Bourg-Saint-Andéol, professeur de lettres classiques à Lyon, poète et prosateur, mais familier de la commune verte où il passait avec sa femme des vacances empreintes de simplicité et où il est mort en 1976 ; son nom reste, bien sûr, associé à ceux de ses compagnons du Pigeonnier à Saint-Félicien*, en particulier à ceux de Charles Forot et de Marcel Béchetoille.

Après l'apéritif en plein air, offert et servi par la municipalité de Saint-André-en-Vivarais (où nous allions rester tout le reste de la journée), le repas préparé par l'Auberge communale du lieu fut apprécié par une centaine de participants.

La maison forte des Baumes

La massive maison forte des Baumes, située dans un cadre aussi isolé que verdoyant, nous réunit vers 15 heures ; nous y fûmes agréablement accueillis par madame Lizon, veuve de celui qui a consacré 35 ans de sa vie à la restauration de cette demeure en pierres initialement contemporaine des Templiers et des Hospitaliers (XIIe siècle), avec des ajouts au XVIe siècle ; Michel Faure en donna les commentaires historiques.

Voir ci-dessous la présentation de cette maison forte figurant dans le compte rendu de la visite du 13 août 1974.

Saint-André-en-Vivarais : Maison forte des Baumes Saint-André-en-Vivarais : Maison forte des Baumes

Maison forte des Baumes

Château de Montivert

Il reprit la parole, une heure et demie plus tard, dans le parc du château de Montivert. Construit au XIIe siècle, il fut entièrement réaménagé, avec deux tours, par la famille lyonnaise de Lacroix-Laval qui vendit la maison de maître néogothique en 1983 à monsieur Dittli ; en son aimable présence et grâce à son autorisation, nous eûmes le loisir de visiter l'intérieur de la demeure, dont la chapelle.

Maison de Béate

Vers 17 heures, nous nous retrouvions quelques kilomètres plus loin, au hameau des Ruches, devant une ancienne maison de Béate, dont l'aventure, étalée sur environ 300 ans (1660-1960), nous fut contée par Michel Faure. Initialement Filles de l'Instruction, créées au milieu du XVIIe siècle par Anne-Marie Martel (1644-1673) du Puy-en-Velay, c'étaient des jeunes filles ou des veuves réunies en une association diocésaine, ce qui les faisait assimiler à des religieuses, ne serait-ce que par leur costume ; établies dans la plupart des hameaux isolés du Velay, puis de la Haute-Loire, elles enseignaient le catéchisme, les « rudiments »... et la dentelle ; elles vivaient dans les « maisons d'assemblée » construites par les habitants du hameau qui assuraient intégralement la nourriture et l'entretien de leur Béate. Quelques-unes de ces très modestes maisons ont été bâties en Ardèche où, à Saint-André-en-Vivarais, en subsistait une presque en ruines jusqu'en 1988 ; à cette date, le maire, Guy Pleynet, présent en cette journée du 5 juin, et Michel Faure, alors président de la Sauvegarde, firent inscrire au programme 1999 du Conseil général la restauration de la dite maison (coût total : 117 000 F), typique de la petite architecture rurale. L'inauguration eut lieu en août 2000.

Saint-André-en-Vivarais : Maison de la Béate Saint-André-en-Vivarais : Intérieur de la maison de la Béate

La maison de la Béate

Après que le président eût remercié tous les organisateurs de cette sortie-conférence, la dislocation vit les membres de la Sauvegarde repartir vers leurs destinations d'origine, heureux de cette journée passée à 1 000 mètres d'altitude.

Michel Faure

Le manoir des Baumes

Situé en contrebas, contrairement à l'usage qui commandait d'édifier les maisons fortes sur les hauteurs, il est assez difficilement accessible ; c'était une dépendance de la Commanderie de Devesset dont il est distant d'un peu plus d'un kilomètre, et on retrouve la trace des chemins à peine carrossables aujourd'hui qui le reliaient à la commanderie.
Ses dimensions sont d'environ 40 mètres sur 30. Il comporte deux importantes tours rondes, brûlées au XIVe siècle et reconstruites au XVIe. L'ensemble remonterait aux XIe et XIIe siècles et fut modifié au XVIe : la façade principale offre des fenêtres Renaissance à grilles, construites à des époques différentes. La Révolution y laissa des traces douloureuses, telle la destruction de la chapelle.
      Après les commandeurs de Devesset, ce château appartint aux Julien de Ronchal qui l'habitèrent jusqu'au début du XIXe siècle, puis à la famille Mounier, de Saint-Bonnet-le-Froid. Sans réparations depuis 1899, occupé par des fermiers, le manoir et ses dépendances, dans un état avancé de décrépitude, allaient tomber en ruines sans l'intervention de M. Lizon, docteur-vétérinaire à Paris, qui s'en rendit acquéreur et procède depuis à la restauration de l'ensemble, permettant ainsi de sauver ces vieilles pierres et de maintenir vivante une exploitation agricole que le fermier était sur le point d'abandonner. Tel qu'il se présente aujourd'hui, le château des Baumes a subi peu de modifications ultérieures et a conservé totalement l'aspect qu'il avait au XVIe siècle.