ÉGLISE
DE SAINT-JULIEN-DU-SERRE
(27 septembre 2003)
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Bref historique
L’église apparaît pour la première
fois dans le cartulaire de l’abbaye de Saint-Chaffre
du Monastier, à laquelle elle fut rattachée
au XIe siècle, plus précisément au
temps de l’abbé Guillaume III (1074-1086). Réédifiée
par les moines de Saint-Chaffre au cours du XIIe siècle,
elle ne comportait alors que la nef de deux travées
voûtée en berceau plein cintre prolongée
par une abside semi-circulaire que nous voyons encore. Un
simple clocher-mur percé d’arcades s’élevait
probablement à la jonction du chœur et de la
nef.
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| Mais au fil des
siècles, de nombreuses adjonctions
ont considérablement modifié l’aspect
de l’édifice. Entre 1510 et 1550, trois chapelles
gothiques vinrent s’accoler à la nef romane,
provoquant le percement de ses murs. Au XVIIIe siècle,
une lourde tribune fut édifiée dans la deuxième
travée de la nef pour accueillir la confrérie
du Saint-Sacrement. En 1855, la chapelle nord est agrandie
pour conférer à l’église un plan
plus symétrique, formant ainsi avec la chapelle sud
un faux transept, tandis qu’en 1874-75, le clocher
est remplacé par celui que nous voyons de nos jours,
posé à l’angle nord-ouest de la nef.
Enfin, les énormes arcs-boutants qui contrebutent
l’abside ont été construits à une
date difficile à préciser. |
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Visite
extérieure
En grès roux local parfaitement
taillé et
très finement jointé, le chevet semi-circulaire
comporte cinq grands arcs en plein cintre soulignés
d’un gros tore et reposant sur de volumineux chapiteaux
sculptés. La fenêtre axiale est surmontée
d’un arc trilobé un peu écrasé,
forme que l’on sait inspirée du Velay voisin. |
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Dans
le mur au-dessus d’une
autre fenêtre
a été encastrée une petite sculpture
méplate provenant sans doute d’une église
antérieure. Deux oiseaux stylisés, de
part et d’autre d’une croix, composent
un ensemble rappelant les premiers décors chrétiens.
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Faisons maintenant le tour des chapiteaux.
Sur le
premier à gauche, nous trouvons un couple étonnant :
un quadrupède dont la queue, cordée, passe
entre les pattes et se termine par un fleuron. La tête
est très érodée, mais ce pourrait être
un visage humain grimaçant. De l’autre côté,
une femme-oiseau, tenant à deux mains la liane
sur laquelle elle est perchée. Deux personnages
qui peuvent symboliser la chute de l’homme vers
l’animalité et le péché ou
la tentation.
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Sur
la partie droite de l’abside, un autre chapiteau
est encore plus énigmatique :
nous y retrouvons un quadrupède à tête
humaine que tiennent, ou se disputent, deux personnages :
l’un, à gauche, est nu, avec les pieds fourchus
(est-ce le diable ?), l’autre vêtu d’une
robe ample, un clerc peut-être. L’interprétation
de cette scène a donné lieu à bien
des suppositions. On peut y voir simplement un évangélisateur
disputant un pécheur au démon, mais aussi
y retrouver le thème de l’animal à visage
humain, symbolisant la déchéance qui guette
toujours l’homme.
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Au
centre de l'abside, les chapiteaux des colonnettes supportant
l'arc trilobé offrent des décors plus paisibles. |
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| Le portail, qui s’ouvre
au nord, exécuté en granit clair, est d’une
ampleur assez rare en Vivarais. Il est enveloppé de
cinq voussures dont les angles rentrants sont garnis de
gros tores. Quatre colonnes monolithes sont coiffées
de chapiteaux, dont deux présentent un décor
figuratif. À gauche, à côté de
branches stylisées d’où s’échappe
une tête, on retrouve le thème de la sirène,
femme-oiseau écartelée dont les membres distendus,
pris dans des lianes, se terminent par des feuillages. À droite,
un décor très dégradé où l’on
pense reconnaître des hommes luttant contre des serpents
et autres bêtes sauvages. |

Un
des chapiteaux du portail |
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| Visite intérieure
Restaurée en 1984, la nef construite en très
bel appareil de grès est divisée par un arc
doubleau qui s’appuie sur des colonnes engagées
aux chapiteaux sculptés. À gauche, ce sont
deux rapaces aux ailes déployées, à droite
deux acrobates nus soutiennent le tailloir de leurs pieds.
Mais on peut y voir aussi, une fois encore, le thème
de l’homme renversé, symbole de sa déchéance.
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L’abside
constitue la partie la plus soignée et la plus
ornée
de l’édifice. Elle s’ouvre sur la
nef par un large arc en plein cintre qui est reçu
par des colonnes engagées coiffées de chapiteaux
historiés. Celui de gauche représente l’Annonciation. À droite,
les choses sont moins simples. Un homme nu semble s’échapper
de la gueule d’un superbe dragon ailé qui
retient encore sa jambe droite. Est-ce l’évocation
de Jonas rejeté, au bout de trois jours, par le
mystérieux poisson qui l’avait avalé ?
On sait que c’est un symbole de la Résurrection.
Sur la face latérale de ce même chapiteau,
un personnage tranquillement assis, dans une attitude
apaisée,
veut peut-être montrer l’homme sauvé du
Mal. Annonciation et Résurrection, le message
présenté aux
fidèles à l’entrée du chœur
se veut empreint d’espérance.
À remarquer encore que la chapelle sud du XVIe siècle porte, sculptées à la clef
de voûte et sur les culots des arcs d’ogive,
les armes de Jacques Chambon, juge royal du Vivarais,
qui a dû en financer la construction. Au fond de
la nef, la restauration a permis la découverte
d’un fragment de litre funéraire du XVIIe siècle. Enfin, un décor peint du XVIIIe ou du début du XIXe siècle a été révélé par
le nettoyage de l’abside et restauré dans
le cul-de-four. |

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Les
chapiteaux à l'entrée de l'abside
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