Un projet
de restauration et de mise en valeur qui démarre :
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LES JARDINS "SUSPENDUS" DU RECATADOU À LABEAUME
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Les jardins sont aménagés
sur la falaise aux limites extrêmes du vide. Ils se profilent
et sont intégrés au relief rocheux ruiniforme caractéristique. |

Les falaises dominant la rivière Baume |

Les jardins sont aménagés sur la falaise aux limites
extrêmes du vide |
La partie, objet de cette note, concerne le site
dit du « Récatadou » proche
du mas de même nom. À proximité du mas, le
champ proche a fait l’objet de travaux de dérochement
de manière à créer une surface cultivable
relativement plane. La roche extraite a servi à construire
le mas et des murs bordant les parcelles et le chemin.
Sur la
dalle rocheuse affleurante on peut voir deux bassins ou « gourgues » taillés
directement dans la roche, ainsi que des traces de caniveaux,
les «gandoles», ces aménagements à fonction
hydraulique confirment la présence d’un premier
jardin proche du mas.
C’est à partir de ce champ proche du mas d’où son
nom de : « champmas ou camas » que
partent les différents accès permettant d’atteindre
les terrasses aménagées dans les parties verticales
de la falaise. On distingue plusieurs types d’accès :
des escaliers, des rampes, des passages couverts incorporés
dans les rochers.
Les
terrasses sont adaptées en fonction des vides existant entre
les reliefs verticaux de la falaise. Ces vides, en parties inférieures,
sont fermés par des murs de soutènement qui partent
du plus bas et remontent pour être arasés au niveau
plan de la terrasse.
- Ces murs sont solidement construits et appareillés,
parfois avec des blocs très importants, en particulier
au sommet.
- D’autres murs reposent sur la dalle réservée
aux limites du vide, ils sont constitués de gros blocs
posés, à sec, verticalement formant
garde-corps.
Ce principe est renforcé au niveau périphérique
de la grande terrasse supérieure par un mur en maçonnerie,
avec couronnement.
Des blocs portent les traces d’extraction par barre à mines.
En général, la morphologie des moellons utilisés,
tirés du rocher dur en place, se caractérise
par des formes polyédriques, très angulaires.
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CONSTRUCTION FONCTIONNELLE
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Cet ensemble architec-tural, totalement
réalisé en
pierre sèche, à l’apparence de cabane,
constitue un ouvrage particulièrement fonctionnel.
Il est conçu pour retenir la terrasse supérieure.
Il capuchonne un rocher qui a été taillé pour
former un passage qui permet d’accéder à la
terrasse inférieure. Des marches d’escalier
complètent l’accès. La couverture du
passage est constituée d’une série
de dalles juxtaposées.
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L’escalier extérieur
venant de la terrasse supérieure est très
dégradé, mais les éléments
de marches sont conservés. On notera, également, à gauche
en prolongement du rocher servant de passage, trois ou
quatre marches qui permettent d’accéder à la
terrasse en premier plan
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La récupération
de l’eau .
Outre les ouvrages décrits précédemment,
plusieurs systèmes de types inventoriés à Labeaume
ou ailleurs sont encore en place.
- À l’extrémité nord-ouest
de l’ensemble des jardins on trouve un puits citerne
qui était alimenté à partir d’un impluvium constitué de
grandes dalles de calcaire peu jointives, inclinées
vers le puits.
- Une grande citerne, réservée entre deux rochers
a perdu son étanchéité, mais a gardé son
enduit extérieur. En partie basse existe une bonde de vidage.
Cette citerne récupérait probablement de l’eau
provenant du mas.
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Historique
Il ne s’agit là que d’une partie des jardins
suspendus de Labeaume. D’autres inventaires sont à poursuivre,
autant sur le terrain qu’en recherche d’informations
orales ou en archives.
La situation de ces jardins que l’on peut classer dans
les paysages extrêmes conduit à se poser bien des
questions. En relation avec d’autres aménagements
exceptionnels que j’étudie dans l’Ardèche,
ils sont comparables par le remarquable travail de dérochement effectué. À Labeaume,
l’intervention s’est faite aux limites du vide ce
qui en fait son intérêt majeur. À ma connaissance,
je n’ai rien à proposer de vraiment comparable. |

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.
On y distingue les murs de soutènement élevés dans les creux
de la falaise.
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Cela conduit à trouver
les raisons et les motivations qui peuvent conduire à de
telles limites quant à la création d’un
paysage vital de ce type. La confrontation de l’homme
et de la roche a donné des jardins exceptionnels tant
sur leurs caractères écologiques que sur leur
aspect esthétique. Il s’agit bien là d’un
ensemble majeur sous le thème qui m’est cher : « Paysages
de Pierre- Paysages de Vie ».
Seules des pratiques d’autosub-sistance conditionnées
par l’accès à la propriété individuelle
et une forte densité de population occupant un espace
limité peuvent justifier une conquête de cette
importance. A partir des observations et de l’analyse
des détails architecturaux et en les comparant à ceux
relevés et sérieusement datés sur des
terroirs proches, je propose une intervention estimée
au XIXe siècle. |

Les vides existant entre les reliefs
verticaux de la falaise sont fermés par des murs de soutènement
qui partent du plus bas et remontent pour être arasés
au niveau plan de la terrasse.
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D’autres murs reposent sur la dalle
réservée
aux limites du vide, ils sont constitués de gros blocs,
posés à sec verticalement, formant garde-corps. |
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Selon
Pierre Bozon, en Bas-Vivarais, l’accroissement de population
passe de 1801 à 1861
de 29 561 habitants à 51 521. À Labeaume
en 1857 on dénombre 1 216 habitants !
J’insiste
encore sur l’aspect exceptionnel
de ce patrimoine ce qui semble fort bien compris par toutes les
personnes qui ont pris en charge son dégagement, sa sauvegarde
et sa mise en valeur.
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Travaux de restauration et projet de
mise en valeur
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Lors
d’un Conseil d’administration de fin d’année
2006, l’association « Dolmens et patrimoine
de Labeaume » avait envisagé de nettoyer les
anciens jardins suspendus situés au lieu-dit « le
Récatadou » à l’occasion de la
journée de débroussaillage qu’elle organise
chaque printemps avec le renfort d’autres associations.
Aussi prenait-elle contact avec la municipalité, propriétaire
des lieux, pour obtenir son accord qui fut immédiatement
donné, celle-ci estimant que l’opération
projetée présentait beaucoup d’intérêt
pour la sauvegarde du patrimoine labeaumois.
Ces jardins, envahis par une épaisse
végétation, étaient à l’abandon
depuis plusieurs décennies et la tâche s’annonçait
difficile en raison de la configuration des lieux particulièrement
accidentés. Néanmoins, le dimanche 25 mars 2007,
une trentaine de volontaires enthousiastes conscients de l’importance
de l’enjeu, se mettaient à l’ouvrage. Ce premier
débroussaillage permettait de dégager une succession
de terrasses accrochées à la falaise au-dessus
de la rivière Beaume dans un site rocheux exceptionnel,
et le spectacle offert forçait l’admiration des
participants stupéfaits par l’audace et l’ingéniosité des
paysans-bâtisseurs d’autrefois.
Ce n’était qu’un début et, depuis,
une équipe de bénévoles s’efforce de
poursuivre le nettoyage. Mais pour redonner à ces jardins
leur aspect d’antan, un énorme travail de restauration
des murs et des escaliers effondrés devra être entrepris
en tenant compte, pensons-nous, des conseils d’historiens
de l’architecture paysanne. Il faudra aussi réfléchir
aux espèces végétales pouvant être replantées.
Déjà, les lieux attirent de nombreux visiteurs et, par mesure de
sécurité, une clôture a été installée
par la commune afin d’en interdire l’accès tout en permettant
une vue d’ensemble du site dans son état actuel en attendant les
aménagements futurs.
Précisons que « Récatadou » signifie :
lieu bien rangé…
Texte et photographies : Michel ROUVIÈRE
(sauf
: Travaux de restauration et projet de mise
en valeur : Jean-Pierre HUYON)
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Escalier. Cet escalier est construit
avec les blocs de roche extraits sur place. Les personnages
donnent une idée de l’importance des éléments
utilisés. Ces blocs sont placés à l’aplomb
extrême de la falaise. Cet ouvrage, est un des mieux
conservés, sur une dizaine d’autres construits
de la même manière. Ici, il permet d’accéder
d’un jardin à l’autre. |
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