| AIGUÈZE
(Gard) ET
TROIS
CHAPELLES ROMANES DU CANTON DE BOURG-SAINT-ANDÉOL
(12
juin 2008)
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| Le Village d’Aiguèze
La Société de sauvegarde des monuments anciens
de l’Ardèche est allée, le 12 juin, visiter
Aiguèze. Eh oui, un village du Gard ! Précisons
toutefois que le clocher de ce village n’est qu’à sept
cents mètres de celui de son vis-à-vis ardéchois,
Saint-Martin-d’Ardèche. Ajoutons que ces deux villages,
administrativement séparés par une frontière à la
fois départementale, entre Ardèche et Gard, et régionale,
entre Rhône-Alpes et Languedoc-Roussillon, étaient
réunis en une seule communauté jusqu’en 1790.
Il était donc bien tentant d’aller rendre visite à ces
frères séparés, d’autant plus que leur
village, dont l’élégante silhouette couronne
la falaise dominant le cours de l’Ardèche, vient d’être
classé parmi les « plus beaux villages de France ».
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Aiguèze
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La quarantaine d’audacieux venus au rendez-vous malgré une
série de jours très maussades mesurent ce matin
leur chance ; le ciel a brusquement viré au bleu
franc et notre guide, Robert Fruton, nous captive d’emblée
par ses commentaires érudits, relevés d’une
bonne pincée d’humour et de sa passion pour Aiguèze.
En
avant donc, à travers placettes et venelles, à la
découverte des empreintes laissées par une longue
histoire ! Depuis bien des siècles, en effet, les
avantages du site avaient attiré l’occupation humaine :
un gué sur l’Ardèche au pied d’une
haute falaise facile à fortifier et bien pourvue en eau
jusqu’au sommet. Aiguèze, dont le nom signifie « eau
dans le rocher », compte en effet de nombreux puits.
C’est pourquoi Charles Martel, après la bataille
de Poitiers (732), avait établi là un des forts
dont le réseau contrôlait le Rhône et l’Ardèche.
Trois siècles plus tard, Raymond de Saint-Gilles, comte
de Toulouse, y construisit les premières tours en pierre
de la forteresse, dont la « tour sarrasine » parvenue
jusqu’à nous.
C’est au pied de celle-ci que nous effectuons
notre première
halte, dans la partie la plus ancienne du village, pour y observer
un trait caractéristique d’Aiguèze :
le rez-de-chaussée des maisons, généralement
médiéval, est surmonté d’un premier étage
Renaissance. Cette discordance est la cicatrice d’événements
tragiques survenus à la fin du XIVe siècle :
en 1382, en pleine guerre de Cent Ans, les « Tuchins »,
l’une des nombreuses jacqueries de l’époque,
s’étaient emparés du château et l’avaient
utilisé pendant quatorze mois comme base pour leurs rapines.
La répression royale fut terrible, les « Tuchins » furent
passés au fil de l’épée et les maisons
rasées jusqu’au premier étage. La population,
réduite à neuf feux, ne se rétablit ensuite
que très lentement.
Un passage en tunnel creusé dans la roche nous fait
déboucher sur le chemin de ronde d’où s’offre
un vaste panorama depuis la sortie des gorges de l’Ardèche
jusqu’à la vallée du Rhône et au Ventoux,
en passant par le village de Saint-Martin au pied de son coteau.
Au-dessous de nous, au bord de la rivière, les ruines
du hameau de Borian, abandonné en 1910, rappellent une
communauté de pêcheurs qui devenaient aussi passeurs
quand les crues rendaient le gué impraticable. L’emplacement
de ce gué est signalé par deux langues de rocher
s’avançant depuis chaque rive à la rencontre
l’une de l’autre. Les femmes venaient autrefois y
faire la lessive, profitant, à cette occasion, des bienfaits
de l’eau de l’Ardèche pour la circulation
et, disait-on, pour certaines maladies de peau.
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Au-dessus de nos têtes, perchées sur
une puissante lame de calcaire urgonien, trois tours se découpent
sur le ciel, vestiges imposants de l’ancienne forteresse :
la tour sarrasine du XIe siècle, déjà citée,
une tour ronde du XIIIe siècle, où flotte
un drapeau tibétain, et, relié à elle par
une forte muraille, le haut donjon carré du XIIe siècle,
bel exemple d’architecture militaire provençale.
Ce dernier porte la bannière d’Aiguèze unissant
les bandes sang et or du Roussillon à la croix du Languedoc.
Cette forteresse perchée, alimentée en eau par
un puits, était reliée au chemin de ronde par un
escalier dont subsistent, en haut, quelques marches taillées
dans le rocher et, en bas, les traces d’ancrage de marches
en bois.
À ce point de notre parcours, le maire
d’Aiguèze
vient nous souhaiter la bienvenue.
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Devant nous, à l’extrémité occidentale
du village, nous apercevons, perché sur le roc, un petit édifice à l’aspect
de chapelle. Telle était bien sa destination lorsqu’il
fut construit, en 1912, par Mgr Fuzet, dont nous reparlerons.
Mais la guerre et la mort du prélat firent avorter ce
projet et le bâtiment, bientôt vendu, fut immédiatement
aménagé en habitation.
Nous voici maintenant devant
l’hôpital du XVe siècle,
aujourd’hui résidence privée.
C’est une bâtisse haute et massive, en moellons calcaires
bien appareillés. La porte d’entrée est étroite
et défendue par une meurtrière, car l’époque était
troublée. La guerre de Cent Ans se terminait à peine
et des bandes de « routiers » terrorisaient
le pays ; on venait de renforcer les remparts d’Aiguèze.
Une fenêtre à meneaux est en partie murée,
assez grossièrement. Même souci de sécurité ?
Non, le crime est postérieur et son mobile plus trivial :
le passage d’une cheminée. Dans un coin de la cour
on aperçoit la tour d’un escalier à vis.
Rue
du moulin, nous espérions voir un moulin à huile
du XVIe ou XVIIe siècle, dans le
local de l’office
de tourisme, avec un puits encore en eau. Mais la porte est close
en ce beau jour de juin.
Quelques dizaines de pas plus loin, à la
jonction avec la Grand rue, une maison pittoresque attire le
regard avec
sa façade Renaissance ornée de diverses sculptures :
Charlemagne, une femme, une chouette, un chat … C’est « la
maison du sculpteur », la bien nommée. L’artiste
qui l’habite, encore fort alerte à 94 ans, porte
un nom peu banal, Robert de Wittelsbach de Traxel. Il serait
un descendant de Louis ll de Wittelsbach, plus connu chez nous
sous le nom de Louis ll de Bavière.
La Grand rue, que nous allons suivre un moment,
est pavée
de galets de l’Ardèche, de part et d’autre
d’une bande médiane bétonnée qui était
jadis en terre battue pour le confort des chevaux, tandis que
les roues des charrettes cahotaient sur les pavés. À l’endroit
où la rue s’élargit pour devenir la Placette,
une maison porte une plaque à la mémoire d’Honoré Agrefoul, « inventeur
du pastis ». Ne cherchez pas ce nom dans le dictionnaire ;
c’est une galéjade ! De l’autre côté de
la Placette, une croix métallique du début du XVIIIe siècle
présente, à côté des
instruments de la Passion, deux avant-bras humains, l’un
nu, l’autre habillé d’une manche ; elle
nous dit ainsi que, riches ou pauvres, une même fin nous
attend.
La boucle est bouclée ; de retour sur la
place du Jeu de paume, nous y sommes accueillis par la statue en bronze
de saint Roch, patron du village. Quelques platanes plus loin,
en bordure du petit boulodrome, un buste de Mgr Fuzet
est adossé au
mur de la mairie. Ce prélat, archevêque de Rouen
au moment de la séparation des Églises et de l’État,
fit beaucoup pour Aiguèze, patrie de sa mère, et
reste assurément très cher au cœur de Robert
Fruton. La visite de l’église va être l’occasion
de mieux connaître cette grande figure locale.
En entrant dans l’église, entièrement
peinte de couleurs vives (« les peintures de la nef
sont inspirées de Notre-Dame de Paris », nous
dit notre guide), le visiteur n’a pas d’emblée
l’impression de pénétrer dans un édifice
construit pour l’essentiel entre le XIIe siècle
(le chœur) et le XVIe siècle (la nef).
Mgr Fuzet en a beaucoup modifié l’aspect.
Outre les peintures déjà citées, où se
répète
le motif de la croix à double branche horizontale (croix
de l’archevêque primat), il a fait exécuter
les vitraux, où se retrouvent les visages de sa famille
(sa mère prêtant ses traits à la Vierge,
son père à saint Roch, lui-même à saint
Frédéric, son frère, sa sœur) et a
doté le clocher d’une flèche élancée.
Ces travaux ayant été exécutés en
1910, un an après la béatification de Jeanne d’Arc,
ce fut l’occasion d’ajouter dans la nef un relief
représentant la bienheureuse et, dans le chœur,
les statues de ses voix, saint Michel, sainte Catherine et sainte
Marguerite. Le grand portail et les chapelles latérales
avaient été réalisés au XIXe siècle.
Par le portail latéral, daté de 1552 et classé,
nous sortons sur la place de l’église, également
due à Mgr Fuzet ; ce qui donne à notre guide
l’occasion d’évoquer deux autres actions de
ce prélat républicain, que ses idées avaient
rendu proche du pape Léon Xlll et quelque peu suspect à son
successeur, Pie X. La première est illustrée par
le petit bâtiment bordant la place, que Mgr Fuzet, propriétaire
des lieux, avait séparé du château et décoré aux
armes d’Aiguèze, avant de l’offrir à la
mairie pour en faire une école ; la mairie refusa
le cadeau. La seconde est à l’origine du « denier
du culte », appelé aujourd’hui « denier
de l’Église » ; le prélat
avait pris l’initiative de lancer dans son diocèse
une collecte pour subvenir aux besoins du clergé, privé de
revenus par les lois de séparation de 1905. Idée
bientôt reprise à l’échelle de la France.
Après cette belle et très riche matinée,
nous prenons le chemin de l’ancienne école, aimablement
mise à notre disposition par le maire, pour partager nos
paniers-repas, à l’ombre fraîche des platanes
de la République. Après quoi, sous un ciel immaculé,
que ne blasphème
aucun nuage, nous passons à la partie ardéchoise
du programme, en traversant le pont suspendu construit en 1905
et inauguré en 2005 ! Prudence compréhensible ;
le pont précédent, en pierre, n’avait résisté que
cinq ans à l’impétuosité de la rivière.
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La chapelle Saint-Sulpice à Trignan
La chapelle Saint-Sulpice,
près du hameau de Trignan,
commune de Saint-Marcel-d’Ardèche est la première
des trois chapelles romanes rurales que nous allons visiter.
Elle apparaît de loin, au milieu des vignes, émergeant
du bosquet de chênes qui l’entoure à demi.
Ce petit édifice de quinze mètres de long est en
effet assez élevé, comme la chapelle Sainte-Agnès,
située à six kilomètres au sud, dans le
Gard. La personne sollicitée pour nous la présenter
ayant eu un empêchement, c’est l’auteur de
ces lignes qui coiffe la casquette de guide.
Saint-Sulpice est bâtie en petits moellons calcaires
très clairs, les pierres de taille étant réservées à l’encadrement
des ouvertures, aux chaînages d’angles et aux contreforts.
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Chapelle
Saint-Sulpice
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L’appareillage très soigné met bien en
valeur de nombreux remplois dans les murs et contreforts :
pierres ornées de pampres, rinceaux et entrelacs carolingiens
provenant de piliers de chancel, une pierre à trou et
même une pierre tombale servant de pierre d’angle,
datée de la fin du Xe siècle ou du
début
du XIe. Un essaim d’abeilles a colonisé l’un
des nombreux trous de boulins.
Les remplois carolingiens, dont
le nombre et la très
grande qualité esthétique sont une des caractéristiques
remarquables de Saint-Sulpice, ont été la cible
d’actes de vandalisme en 1976. Sur les neuf répertoriés
auparavant et heureusement photographiés, deux ont été arrachés
et volés et un troisième, au-dessus de la porte
d’entrée, gravement détérioré.
Extérieurement, l’édifice apparaît
massif et d’une grande sobriété : aucune
ornementation, sauf celle des belles pierres de remploi, un chevet
pentagonal percé d’une minuscule fenêtre axiale,
un mur nord complètement aveugle, portant la trace de
la « porte des morts », donnant accès
au cimetière, encore existant au XVIIIe siècle,
et, sur la façade sud, la très modeste porte d’entrée
surmontée de trois croix de Malte gravées dans
les claveaux. |
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L’intérieur est laissé dans
la pénombre
par des ouvertures rares et minuscules. Il présente une
nef unique à deux travées, surmontée d’une
voûte en berceau plein cintre renforcée par des
arcs doubleaux et reposant sur des arcs de décharge latéraux.
Un chancel sépare la nef du chœur dont l’abside
arrondie est creusée de cinq niches peu profondes, d’inspiration
carolingienne, comme à Mélas et à Ruoms.
L’autel est un simple monolithe équarri ; sa
pierre sacrée, débordant du logement où elle
a été enchâssée, tardivement sans
doute, est ornée de croix de Malte. Une tribune subsiste à l’ouest ;
il y en avait une autre au-dessus, démolie au xvii e siècle.
La montée à cette tribune permet de découvrir,
outre les nombreux graffiti des XIXe et XXe siècles,
un tableau à l’abandon contre le mur occidental,
qui représente saint Sulpice coiffé d’une
mitre, à droite du Christ en croix. Tableau en mauvais état
mais d’âge vénérable : il est
décrit dans un procès-verbal de visite du XVIIe siècle.
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Remplois
carolingiens à l'angle sud-ouest de la chapelle
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L’histoire de cette chapelle est mal connue,
peu de documents ayant été trouvés. Elle
aurait été construite
au XIIe siècle par les seigneurs de Baladun
(ou Balazuc, famille de Pons de Balazuc, chroniqueur de la première
croisade), sur l’emplacement d’un lieu de culte du
VIIIe ou IXe siècle duquel proviendraient
la plupart des pierres de remploi. Dès le XIIIe siècle,
elle est passée sous la dépendance des Hospitaliers
de Saint-Jean de Jérusalem qui avaient installé, à la
fin du XIIe siècle, une commanderie à Saint-Jean
d’Artignan, à un kilomètre au sud-est. Cette
commanderie se trouvait près d’un gîte d’étape
des pèlerins du Puy à Saint-Gilles. Elle a été réunie,
en 1383 à celle de Jalès, jadis tenue par les Templiers
dont l’ordre avait été supprimé par
le pape en 1312, et le commandeur s’est alors installé à Jalès.
La
guerre de Cent Ans (1346-1453) et les guerres de Religion ont
ruiné la chapelle. Au XVIIe siècle elle
est devenue chapelle des Hospitaliers, devenus Ordre de Malte,
leur chapelle de Saint-Jean ayant été rendue dangereuse
par des mouvements de terrain. D’importants travaux ont
alors été réalisés, dont l’érection
du clocheton carré à quatre ouvertures que l’on
voit aujourd’hui, le remplacement par un toit de tuiles
du toit primitif en lauzes et la suppression de la tribune supérieure.
Lorsque la Révolution vendit les biens de la commanderie,
la chapelle fut épargnée et devint dépendante
de l’église de Saint-Marcel.
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Albin Mazon, alias Dr Francus, rapporte qu’on y venait
pour la guérison de maladies de peau, notamment la lèpre
et, plus tard, pour guérir les enfants de la teigne.
La chapelle Saint-Sulpice a été classée
monument historique en 1932.
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L’abside est ornée de cinq niches
creusées dans l’épaisseur du mur, disposition
assez rare, bien que présente dans quelques autres églises
vivaroises et que l’on considère comme héritée
du premier art roman méridional.
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La chapelle Notre-Dame de Cousignac
Aux confins nord de la commune de Bourg-Saint-Andéol,
Raphaël Pommier nous accueille sur son domaine de Notre-Dame
de Cousignac et nous conduit vers la chapelle éponyme,
blottie dans un bosquet de chênes dominant les vignes,
qu’il va nous présenter.
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L’édifice actuel résulte d’une
reconstruction partielle des élévations sur les
vestiges romans conservés, datés du XIe ou
du XIIe siècle.
Ces vestiges permettent de restituer aisément le plan
et l’élévation de l’édifice
d’origine :
-nef
unique à une
travée et transept saillant à trois absides,
-voûtes
en berceau sur la nef et le transept,
-arcs
de décharge
sur les murs,
-contreforts
encadrant la façade occidentale.
Le mur nord de la nef est assez bien conservé, avec
l’intégralité de ses arcs de décharge ;
un pilier porte encore la trace de la chaire. Egalement conservé,
le mur occidental du bras nord du transept, où l’on
peut voir une porte murée qui donnait accès à l’étage
de la maison du prêtre, aujourd’hui disparue. |

Chapelle
N.-D. de Cousignac
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Dans
le bras sud du transept subsistent des pierres layées où s’appuyaient
les arcs. Les murs sont en moellons, les pierres de taille étant
réservées à l’encadrement des ouvertures.
La
nef a été reconstruite en briques entre 1920
et 1930, ainsi que le bras nord du transept et les deux absides
correspondantes. Le bras sud du transept et la salle attenante
ne l’ont pas été. La façade occidentale,
surmontée d’un clocher arcade, présente en
remploi un contrepoids de vis de pressoir, daté du IIIe ou
IVe siècle, et la pierre tombale d’une
jeune fille, d’époque médiévale.
À l’intérieur de la chapelle, la
table de l’autel central est très ancienne, peut-être
romaine ; à côté, une pierre tombale romaine
rappelle qu’il y avait plusieurs installations gallo-romaines
alentour. Une aquarelle montre l’état ruiné de
l’édifice à la fin du XIXe siècle.
Quant à la statue de bois de N.-D. de Cousignac, supposée
des environs de l’an 1000, elle a quitté les lieux
depuis longtemps ; elle est conservée par la famille
qui l’a recueillie en des temps troublés, promettant
de la rendre « quand un prieur viendra à Cousignac ». |
| L’histoire
de cette chapelle est très ancienne.
La Charta vetus nous apprend qu’une chapelle Saint-
Vincent de Cuisignac a été fondée au VIIe siècle,
sur les restes d’un édifice antérieur,
et offerte à l’évêque de Viviers. Elle
a été remplacée par une chapelle romane
qui a été rattachée, au XIVe siècle, à la
collégiale de Villeneuve-lès-Avignon, avant de
revenir, au XVIe siècle au diocèse de
Viviers et de devenir église paroissiale, avec un prêtre à demeure.
Signalée comme ruinée en 1619, elle fit l’objet
de gros travaux au XVIIe siècle : reconstruction
de l’abside principale et de l’absidiole nord, en
conservant la maçonnerie romane en partie basse, et réfection
de la toiture, dont les lauzes furent remplacées par des
tuiles. À la Révolution, la chapelle fut vendue
comme bien national ; elle tomba en ruines et servit de
carrière de pierres. |

N.-D.
de Cousignac - Abside centrale et absidiole nord (reconstruites
au XXe siècle)
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Aujourd’hui elle est la propriété de la
paroisse Saint-Andéol, au sein de l’association
diocésaine de Viviers. L’association des amis
de N.-D. de Cousignac, fondée en 2003 et présidée
par Raphaël Pommier, s’est donné pour but de
l’animer et d’en assurer la restauration.
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| La chapelle
Saint-Julien-la-Renne Il est maintenant l’heure de notre dernier rendez-vous
de la journée ; à 16 heures, nous sommes attendus à la
chapelle Saint-Julien-la-Renne par une délégation
de l’association qui la restaure. Celle-ci, avec à sa
tête M lle Quelin, présidente, nous accueille sur
la petite plate-forme portant la chapelle, d’où la
vue s’étend vers la vallée du Rhône
et le mont Ventoux. Louis Brun, secrétaire de l’association,
présente les travaux réalisés depuis 2005
et remercie la Sauvegarde pour l’aide apportée
dans la dernière tranche exécutée à ce
jour, la création et la réalisation des vitraux.
L’association
pour la restauration de la chapelle Saint-Julien a été constituée fin
1999, pour éviter la ruine définitive de l’édifice
dont les murs étaient fissurés de haut en bas,
tandis qu’un inextricable fouillis de lierre et de broussailles
emprisonnait le chevet et les contreforts qui s’étaient
désolidarisés des murs, devenant inopérants.
Avec très peu de moyens mais beaucoup d’allant,
elle a entrepris le sauvetage en commençant par la consolidation
des murs et des contreforts, la pose d’une nouvelle toiture
et le remplacement de la porte. Vinrent ensuite les aménagements
intérieurs : murs, voûte et pavage du sol.
Enfin une cloche fut installée et les vitraux posés.
Reste à réaliser le jointoiement de l’appareil
extérieur.
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Ainsi renaît, après des décennies d’abandon,
un édifice modeste par ses dimensions - six mètres
sur sept – mais riche d’une longue histoire. Il est
en effet mentionné dans la charta vetus de 950
et son architecture le fait généralement dater
du Xe siècle. Il est aujourd’hui réduit à une
nef unique d’une seule travée, surmontée
d’une voûte plein cintre et terminée à l’est
par un chevet plat percé d’une étroite fenêtre
axiale. Mais la base d’un mur de sept mètres qui
le prolonge à l’ouest permet de supposer qu’il
avait trois travées. Un clocher-arcade surmonte la façade
occidentale actuelle percée d’une porte au linteau
simplement arrondi et de deux fenêtres très étroites.
Une pierre à trou a été encastrée à gauche
de la porte, à un mètre du sol.
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Chapelle
Saint-Julien-la-Renne
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Le site est fort ancien, comme en témoignent
plusieurs indices. Au sud de la chapelle se trouvait un cimetière
où des fouilles, effectuées en 1879, ont révélé trois
couches de sépultures ; on y a aussi trouvé des
vases de terre noire considérés comme gallo-romains
et deux médailles de Faustine, impératrice romaine.
Les tessons de poterie d’époque romaine abondent
autour de la chapelle et un contrepoids de pressoir à vis
de la même époque est encastré dans un mur
de la ferme voisine. La voie romaine tardive, dite valérienne
( IIIe siècle) passait à proximité.
Douloureuse
coïncidence, une stèle a été implantée
dans l’ancien cimetière, pour rappeler l’accident
d’avion survenu là le 4 avril 2003, qui a coûté la
vie à trois personnes.
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Pierre
à trou
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La
chapelle est aujourd’hui propriété privée.
En l’absence de documents, on suppose qu’elle a été vendue
comme bien national à la Révolution. Dans les dernières
décennies avant sa restauration, elle était utilisée
comme local agricole.
La pierre à trou placée à gauche de la
porte expliquerait son nom, Saint-Julien-la-Renne (ou la Rène,
mais certainement pas la Reine). Saint Julien de Brioude, à qui
elle est dédiée, était invoqué pour
guérir les enfants « rénaïrés »,
c’est-à-dire pleureurs ou grognons. Après
la messe, on posait la tête de l’enfant à soigner
contre le trou de la pierre … et les pleurs cessaient.
De telles pierres à trou sont connues en remploi en Bourgogne
et Bourbonnais. Liées à des rites païens,
elles étaient sensées guérir les simples
d’esprit qui y plaçaient la tête.
Aujourd’hui la chapelle est redevenue un lieu de culte
pour la paroisse. Entre les deux cyprès qui l’encadrent,
au sommet d’un coteau couvert de cultures, elle se pose
en pimpante doyenne des chapelles de la région.
Doyenne, pimpante et généreuse, si l’on
en juge d’après la table abondamment garnie que
nos hôtes ont dressée pour nous offrir, en fin de
visite, le « verre de l’amitié ».
Pierre COURT
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Tableau volé
Un tableau qui se trouvait dans la
chapelle Saint-Julien-la-Renne a disparu.
Dimensions : 2m x 1,5 m. Il était
scellé au-dessus de l'autel et représente probablement saint Julien de
Brioude, martyr.
À noter la présence de deux dates : 1701
en bas à gauche et 1861 en bas à droite.
Toute information pouvant aider
à retrouver ce tableau serait la bienvenue. (contact@patrimoine-ardeche.com)
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