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LA
CHARTREUSE DE BONNEFOY
et
QUELQUES
FERMES DU PLATEAU ARDECHOIS
(31
mai 2003)
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La
journée était
guidée et commentée avec beaucoup de brio
par notre ami Michel CARLAT qui en avait été l'organisateur.
Rendez-vous était donné à la
Chartreuse de Bonnefoy sur la commune
du Béage, où Vincent Chambon et sa famille
nous faisaient l’honneur de la visite. Parmi les
personnalités présentes, on pouvait noter
madame Kraft, épouse du préfet de l'Ardèche,
et monsieur Redon, maire du Béage. Élodie
Blanc apportait son aide à Michel pour
la visite de la chartreuse. |

La
chartreuse de Bonnefoy |
| La
chartreuse de Bonnefoy, située à 1310 m d'altitude
- ce qui en fait la plus élevée de l'ordre
- dominée
par les 1756 m du Mézenc, fut fondée en 1156
sur une terre donnée par Guillaume de Fay, dit « Jourdain »,
seigneur du Mézenc. Elle fut pillée une première
fois le 30 avril 1459 par les routiers. Cent ans plus tard,
les guerres de religion faisant rage, le prieur dom Antoine
Chamard se mit en état de la fortifier en détruisant,
avant 1561, le grand cloître qui ne fut jamais reconstruit.
Cela n'empêcha pas la chartreuse d'être prise
par traîtrise le 23 août 1569. |
| Elle échappa à la
destruction, mais le prieur fut massacré. En 1606,
on construisit une tour ronde au nord-ouest pour soutenir
et appuyer l'église et l'ensemble des bâtiments
qui menaçaient ruine de tous côtés. En
1622, on note que depuis plus de vingt ans on a commencé à rebâtir
la maison. Malheureusement, suite à un incendie général
en 1653, tout est à reprendre. Et cela est fait immédiatement, in
situ, puisque les couverts sont rétablis en moins
de trois mois, avant la tenue du chapitre général
en Chartreuse. On reconstruit donc sur place, mais trop rapidement,
si bien qu'en 1722 tout est encore à reprendre. |
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On a en 1723
le compte de la reconstruction à neuf du devant de
l'église que l'on reconstruit de 1721 à 1724
dans le goût du jour. Le petit cloître s'étant écroulé avant/ou
en 1728 est repris par les fondements et on le rebâtit
de 1728 à 1730. En 1733, on exécute un escalier
de pierre réclamé en 1724.
Tout cela constitue un vaste
chantier inachevé à la Révolution, ce
qui fait que, le 26 avril 1790, le P.V. d'inventaire de la
chartreuse précise que :... «cette maison de
Bonnefoy ne peut loger que neuf religieux, le reste de la
maison n'étant pas fini de bâtir ». Il
est trop tard, les religieux sont dispersés, les bâtiments
vendus comme bien national. Ils seront dépecés
dans les années 1840, les pierres vendues, jusqu'au
portail de l'église. On a peine à se l'imaginer
aujourd'hui au vu de ses ruines. |

Vestige
de la façade du pavillon d'entrée de la chartreuse
et maison du prieur
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. Seuls le
portique d'entrée, le clocher de l'église et surtout
le bâtiment du prieur restent en place. A l'intérieur,
belles boiseries d'époque Louis XIV, la cellule du
prieur, son alcôve et son passe-plat et la bibliothèque
qui a conservé ses rayonnages mais pas ses livres.
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Le clocher
À droite :
En haut, de gauche à droite, MM. Jean-Paul ROCHE, Maire
de Usclades et Rieutord,
Guy DELUBAC, président de la "Sauvegarde",
Michel CARLAT, historien, organisateur de la sortie.
En bas : Travaux de restauration du mur occidental
de l'église.
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Actualité (mars
2006) :
- Des
travaux de restauration ont été entrepris
en 2004, avec notamment le concours de la Sauvegarde. Ils
comporteront plusieurs tranches ; la première,
actuellement achevée, a porté sur la
réfection
du mur ouest de l'église.
- Par ailleurs, une association, "Saint
Bruno de Bonnefoy" a
été créée en 2005. Elle s'est donné pour
objectif spirituel "de réveiller
la mémoire des chartreux en Mézenc" et concrètement
de réaliser
des travaux d'entretien, recherche de fonds, animations, chantiers d’été…
Pour toute information,
on pourra se reporter à
son site Internet : http://site.voila.fr/chartrebon
De Bonnefoy, nous nous rendons à la ferme-auberge
de La Besse à Rieutord
où nous attend un apéritif suivi d’un excellent repas.
Si l’ensemble des bâtiments est un bon exemple d'architecture
du XVIIIe siècle, une construction est en place bien
avant 1400 et des liens semblent exister avec l'abbaye de Mazan toute
proche.
| La
maison actuelle est l’œuvre de la « dynastie » des
Teyssier qui, de 1635 à 1800, règne sans
partage sur le domaine. C'est un Teyssier qui fit construire
la salle voûtée à la cheminée
monumentale dont la clef porte la date de 1690. Mais
ce n'est que 100 ans plus tard, entre 1771 et 1790,
qu'à la suite d'un incendie (?), le dernier
des Teyssier donnera à La Besse son aspect actuel.
Et si la date initiale de 1690 a été supplantée
par celle encadrée de 1787, c'est que cette
dernière concerne la construction de la charpente
actuelle en carène de vaisseau renversée
dont les participants ont pu admirer la superbe unité.
Sans aucun doute, le projet en remonte à 1781,
date figurant à l'ouest sur l'arceau du portail
de la fenière, amorce de la charpente de la grange
couverte en lauses, s'appuyant au nord sur le mur du queyrat :
le logis des maîtres. |

La
ferme de la Besse |

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Jusqu'à cette
date de 1790, ornant la clef du porche qui permet
l'accès à la
cour intérieure pavée - disposition
originale rarement rencontrée en Montagne
- définissant
l'importance et la position sociale du domaine. Il
fallait quand même un bel aplomb à ce
Jean-Teyssier-la-Besse, ultime bâtisseur
de la lignée, pour graver un an après
la Révolution ses initiales encadrant une
superbe fleur de lys de France... À sa mort en 1800,
il laisse la place à une nouvelle « dynastie »,
celle des Méjean, dont descendent les propriétaires
actuels, maintenant une tradition culinaire sans faille.
La
ferme de la Besse |
| La
visite terminée, la caravane s'arrête
quelques instants à l’église
de Rieutord dont la restauration a fait l'objet de l'aide
de la Sauvegarde, avant de parvenir à la Clastre
de Sainte-Eulalie au toit de genêt, classée
monument historique. |

L'église
de Rieutord,
restaurée avec le concours de la Société de
Sauvegarde |

La
ferme de la Clastre à Sainte-Eulalie |
| D'après
une expertise dendrochronologique du laboratoire
Archéolabs, l'état actuel de ce bâtiment
correspond à un édifice de 1573 dont
le plancher a été remanié fortement
en 1738-1740, puis en 1766-1769, ainsi que la totalité de
la charpente avec, en 1862-1863, un agrandissement à l'ouest
de deux fermes de charpente correspondant à l'installation
de logis à couverture de lauses.
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La
journée est écourtée par un
bel orage ayant attendu pour éclater que la
centaine de membres de l'association
ait parcouru à pied les 150 mètres
séparant la route de la ferme de Disonenches,
commune des Sagnes-et-Goudoulet, où nous
attendait son propriétaire, Olivier Eysseric.
Cette demeure, fief originel de la famille Méjean établie à La
Besse, se caractérisant par une belle façade
avec bretèche, dont la grange fut couverte
d'un toit en lauses en 1787, domine un magnifique
paysage sur Sainte-Eulalie, la Loire naissante, le
Suc de Bauzon... dont elle est l'arrière sentinelle.
Michel Carlat
Bretèche
sur la façade de la ferme de Disonenche
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