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| ÉGLISE
DE CHAMBONAS (13 octobre 2007) |
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C'est en venant des Vans que l'on découvre la plus belle vue sur
le petit village de Chambonas avec son église, son
château
et son pont gothique qui permettait de franchir le Chassezac à l’une
des voies de communication qui reliaient la vallée du Rhône
au massif Central, celle qui escaladait les pentes cévenoles
par Peyre, puis Loubaresse, pour atteindre le col de la Chavade, chemin
déjà emprunté par
les Romains. Le père Bernard Nougier va nous retracer l'histoire de cette très belle église romane qu'il a étudiée de manière approfondie(1), avant de nous faire apprécier le détail de son architecture et de sa décoration. 1-NOUGIER Bernard, « L’église romane de Chambonas », Rev. Vivarais, 721-722, 1995, p. 141-167. |
![]() Le pont sur le Chassezac |
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| Historique et visite extérieure Au Moyen Âge, Saint-Martin de Chambonas faisait partie du diocèse d’Uzès. En 1096, cette église fut confiée par l’évêque de ce diocèse à l’ordre des chanoines de Saint-Ruf, implantés en Avignon depuis 1039. Mais, en 1200, l’abbé de Saint-Ruf rétrocéda l’église à l’évêché d’Uzès qui donna alors la paroisse à l’abbaye bénédictine de Saint-Gilles du Gard ; celle-ci avait déjà installé des prieurés sur la voie Régordane et dans ses environs. En 1208, dans une bulle, le pape Innocent III confirma à l’abbé de Saint-Gilles tous les droits, privilèges et possessions de ce monastère sur de nombreuses paroisses en Vivarais, dont Chambonas. « Désormais, l’abbaye de Saint-Gilles était solidement en place sur un chemin qui unissait les régions méditerranéennes au Massif Central […] Elle pouvait entreprendre, à l’orée du XIIIe siècle, la réalisation d’œuvres à la fois fonctionnelles et symboliques, à savoir la reconstruction de l’église Saint-Martin de Chambonas et l’édification d’un pont sur le Chassezac. » (B. Nougier, loc. cit.) |
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![]() L'église vue du nord-est |
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| Initialement, au début
du XIIIe siècle, l’église, orientée, était
seulement formée d’une nef de deux travées prolongée
par une abside semi-circulaire et d’un porche ouvert au midi,
protégeant le portail ébrasé ; deux chapelles
latérales légèrement plus tardives, formant un
faux transept, furent greffées sur la construction, peut-être
avant la fin du premier chantier. Tout l’ensemble est construit
en grès fin, soigneusement appareillé et couvert de lauzes. Au XVe siècle vinrent s’ajouter une autre travée et probablement le clocher actuel, ayant sans doute succédé à un clocher mur. Plus tard furent construits le presbytère s’appuyant sur la façade occidentale et, au XIXe siècle, une sacristie masquant une partie de l’abside au sud, heureusement supprimée il y a quelques années. Ce n’est qu’au XXe siècle que le cimetière fut déplacé. |
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![]() Le portail s’ébrase grâce à trois voussures en arc légèrement brisé ; la voûte de l’auvent forme un cintre surbaissé ; sur les murs court le bandeau noir d’une litre funéraire bien dégradée. |
Ce bel édifice, très sobre dans son architecture,
s’agrémente d’une profusion de motifs sculptés
d’une étonnante variété qui ornent en
frise la corniche courant tout au long de la toiture ainsi que les
modillons qui, en général, la supportent : plantes,
fleurs, fruits, outils d’artisans et de paysans, instruments
de musique, animaux sauvages et domestiques, poteries, têtes
humaines très expressives. On trouvera dans l’article déjà cité de Bernard Nougier une étude exhaustive et détaillée de cet ensemble. |
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Intérieur de l'église
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