ÉGLISE
ROMANE DE LAVILLATTE
TOUR ET VESTIGES DE L'ÉGLISE DE CONCOULES (commune
de Lespéron)
(Journée champêtre du
17 juillet 2005)
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Comme
l’année
dernière, le programme de notre « journée
champêtre » comportait, le matin, la visite
d’édifices relativement peu connus du Haut-Plateau,
suivie d’une réunion amicale chez Paul et
Marie Bousquet au Chaussadis (commune de Saint-Paul-de-Tartas.)
Les monuments choisis cette année étaient
l’église romane de Lavillatte, puis les vestiges
de la tour et de l’église de Concoules, sur
la commune de Lespéron.
Lavillatte
Bien que situé « à vol
d’oiseau » à quelques
centaines de mètres seulement du grand axe de circulation
qu’est la R.N. 102 Aubenas - le Puy, le petit village
de Lavillatte reste bien ignoré. Il étage
ses quelques maisons sur le flanc abrupt de la vallée
de l’Espezonnette, à mi-hauteur entre la rivière
et le plateau où court la grand’ route. Ce
côté de la vallée, bien exposé au
midi, est couvert de prés parsemés de quelques
bois, tandis qu’en face s’étend une
belle forêt de sapins. De la petite route qui y descend
en pente raide, on a bientôt une jolie vue sur le
centre du village qui regroupe autour d’une petite
place, la mairie, l’église, le cimetière
et une grosse ferme.
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Historique
Lavillatte était le siège
d’une commanderie
des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. C’était
une propriété des Chartreux, cédée
aux Hospitaliers en 1231. Lavillatte formait alors avec
les maisons de Devesset, Saint-Jean-de-Trignan, Pailhès,
Grozon et Saint-Georges d’Annonay un « magistère » dont
le siège était à Devesset et qui dépendait
du Grand Prieuré d’Auvergne. En 1313, le commandeur était
Aymon de Montlaur. Ultérieurement, Lavillatte fut
rattachée au Grand Prieuré de Saint-Gilles-du-Gard,
probablement lors de la réorganisation qui a suivi
la dévolution aux Hospitaliers des biens des Templiers,
au début du XIVe siècle. Au XVIIIe siècle,
le compte rendu d’une visite canonique, dont
nous aurons l’occasion de reparler, confirme ce rattachement,
Lavillatte dépendant alors de la commanderie de
Palhers en Gévaudan qui était elle-même
un des membres du Grand Prieuré de Saint-Gilles.*
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Dans certains ouvrages, il y a manifestement confusion entre Pailhès en
Vivarais (commune de La-Chapelle-sous-Chanéac) et Palhers en
Gévaudan près de Marvejols
Visite
de l’église
Extérieur
De petites dimensions, l’église
Saint-Jean-Baptiste est construite en tuf volcanique
et en granit. La façade ouest, prolongée
par un clocher-peigne encore pourvu de ses trois
belles cloches, est contrebutée par deux larges
contreforts qui lui donnent une forme trapézoïdale
peu commune. C’est dans cette façade
que s’ouvre le petit portail, d’une grande
simplicité, dont les proportions et le décor
attestent une origine romane. Une simple voussure
s’appuie sur deux petites colonnes en granit
coiffées d’un chapiteau en tuf décoré de
motifs géométriques et de feuilles
plates. On remarque que ces colonnes ont un fût
légèrement galbé et que l’astragale
fait partie de celui-ci et non du chapiteau ;
cette particularité peut faire penser à un
remploi antique pour ces colonnes, mais il ne faut
pas non plus oublier qu’une telle disposition
a été d’emploi courant dans le
Velay voisin jusqu’au Moyen – Âge.
Au-dessus de la porte, une fenêtre éclaire
la nef. Dans le contrefort nord s’ouvrait une
autre porte, maintenant murée, mais pourvue
d’une belle grille en fer forgé ;
c’était autrefois l’accès
au cimetière, qui a été condamné pour
permettre la construction d’un vaste caveau
de famille |
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Intérieur
La nef unique est formée de trois travées,
dont une travée de chœur plus courte. Elle
est rythmée par des arcs doubleaux légèrement
brisés, ce qui laisse penser à une construction
plutôt tardive. Ces arcs s’appuient sur des
colonnes tronquées. Les chapiteaux présentent
un décor de style roman, formé de crosses
et de feuilles d’eau, sans doute de la fin du XIIesiècle. Bien qu’assez détérioré,
cet ensemble ne manque pas d’intérêt ;
on remarque en particulier les arcs doubleaux en pierre
volcanique brun foncé qui se détachent sur
les voûtes. L’abside est polygonale, à l’intérieur
comme à l’extérieur. Il faut enfin
signaler, côté sud, la trace d’une porte
murée.
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« Dans
l’église,
pavée
et voûtée, du côté de l’évangile
et dans l’enfoncement du mur, sont de suite trois
tombeaux en forme de mausolée et plus bas sont
placés les fonts baptismaux. » Ainsi
s’exprimait le rédacteur du compte rendu
de la visite canonique de 1763. Ces enfeus existent toujours
et l’un d’eux présente un décor
sculpté très usé, mais où l’on
distingue encore un blason et une croix aux branches égales évasées ;
c’est là un des rares témoins de
la présence en ces lieux des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. |
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Sur le même
mur, nous remarquons une curieuse tête sculptée
en relief qui de face semble être celle d’un
homme et de côté celle d’un mouton.
Le cimetière
Jouxtant l’église sur son flanc nord, le petit
cimetière contient d’autres souvenirs des Hospitaliers ;
il s’agit d’abord d’une très vieille
pierre tombale de lave sombre, en bâtière, sur
laquelle est sculptée une croix prolongée par
une épée. Le dessin de la croix est le même
que sur l’enfeu dans l’église, c’est-à-dire
une croix de Malte simplifiée, sans les huit pointes,
symbole que l’on trouve encore gravé sur une
croix, visiblement très ancienne, qui se dresse au
centre du cimetière. |

Cimetière
de Lavillatte :
Tombe d'un hospitalier et vieille croix de pierre ornée de
la Croix de Malte |
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Concoules (Commune
de Lespéron)
Le hameau de Concoules, qui appartient à la commune
de Lespéron, est situé juste au-dessus de
l’Allier dont le sépare la voie ferrée
de la ligne Clermont-Ferrand -Nîmes. À quelques
centaines de mètres du village, on peut voir les
vestiges d’une petite église et une imposante
tour, deux monuments intéressants, mais complètement
délaissés. |
Extérieurement, la tour a encore
fière allure. Haute d’une vingtaine de
mètres, de dix mètres de côté,
elle est construite en pierres de granit soigneusement
appareillées. Les fenêtres sont rares,
mais assez grandes ; la plupart sont agrémentées
de moulures, un linteau est décoré d’une
accolade et il semble qu’il y ait eu des meneaux à certaines
d’entre elles. Un escalier extérieur à double
volée permettait d’accéder au premier étage,
mais il n’est plus qu’un tas de pierres.
L’intérieur de la tour est malheureusement
complètement ruiné, car la toiture s’est
effondrée en 1986 sous le poids de la neige
et n’a pas été remise en état.
On remarque encore que la plupart des pierres d’angles
sont à bossage et peut-être certaines étaient-elles
sculptées. Il s’agissait donc d’une
construction soignée. |
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Mais
que savons-nous de ce monument ? Bien peu de choses
en vérité.
Il ne semble pas que ce fût le donjon d’un
château, dont on n’a trouvé aucune trace,
et il est difficile d’imaginer quel pouvait être
son rôle. A l’écart de toute voie de
communication importante, placé à quelques
centaines de mètres de l’Allier dans un repli
du terrain d’où la vue est limitée
par la masse imposante du volcan du Chapelas, il ne semble
pas que ce bâtiment ait pu jouer un rôle stratégique.
De telles tours isolées, dont il existe d’autres
exemples dans la région, pouvaient être simplement « signe
de la possession du territoire par le seigneur auquel elles
appartenaient, en l’occurrence la famille d’Arlempdes. » ,
selon Marcel Girault* que
nous avons interrogé à ce sujet.
*M. Girault
est l’auteur
d’une étude très détaillée
du chemin de Regordane qui, s’il ne passe pas à Concoules,
n’en est pas très éloigné. (GIRAULT
M., Le chemin de Regordane. Nîmes :
Lacour, 1988.)
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Nous
disposons d’un
peu plus de renseignements au sujet de l’église
voisine de la tour, dont malheureusement seule subsiste
une partie de la façade occidentale percée
d’un
joli portail gothique et qui était surmontée
d’un petit campanile dont seul un jambage est
encore debout, pour peu de temps sans doute si des
mesures de conservation ne sont pas prises rapidement.
C’est pourquoi la «Sauvegarde» a
récemment proposé son concours au maire
de Lespéron pour l’aider, dans un premier
temps, à consolider l’existant et, peut-être,
envisager ensuite de rétablir l’intégralité du
campanile. |
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On
sait, d’après
le cartulaire de l’abbaye Saint-Chaffre du Monastier,
que, comme nombre d’autres églises du diocèse
de Viviers, Saint-Sébastien de Concoules faisait
partie des possessions du prieuré de Langogne, lui-même
dépendant de Saint-Chaffre. Elle fut église
paroissiale jusqu’à la Révolution.
Espérons que l’intervention
de notre association permettra de sauver les vestiges de
ce vénérable édifice
d’une ruine définitive.
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Après ces visites, il était
grand temps de se diriger vers le Chaussadis où nous
nous retrouvions une cinquantaine de personnes pour
l’apéritif, suivi du traditionnel pique-nique
dans le pré… et éventuellement
d’une petite sieste à l’ombre car,
malgré l’altitude, le soleil était
chaud par cette magnifique journée d’été.
Puis tout le monde se retrouva dans la
grange pour la projection de la deuxième partie du
diaporama Églises romanes en Ardèche. Après
les édifices du rivage rhodanien en 2004, ce fut le
tour cette année de ceux du Vivarais cévenol
et du Haut-Plateau.
…Et rendez-vous est pris pour
la troisième partie en 2006 avec, normalement, le
Bas-Vivarais et le Coiron. |
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