La Société de Sauvegarde a visité à trois reprises le château de La Chèze, en 1978, 1990 et 1994. Le texte ci-dessous a été rédigé à partir des comptes rendus de ces trois visites.
Le château de La Chèze, dont les énormes
vestiges se dressent sur une vaste terrasse appuyée à la montagne,
domine la route de Saint-Michel d'Aurance au Cheylard qui fut jusqu'au XIXe siècle
la principale voie d'accès à cette cité.
C'est M. Dugua, l’historien local bien connu, qui a présenté l’histoire
tourmentée de cette seigneurie lors des visites de 1990 et 1994.
La Chèze est d’abord une maison forte agrandie
au fil des ans et qui, à son apogée, est dotée d’une
grande tour, de quatre tours d’angle et d’un chemin de ronde. Les
premiers seigneurs connus, les Tournon de la Chèze, remonteraient à Hugues
de Tournon qui vivait au début du XIIe siècle. Les premiers
actes authentiques ne datent cependant que du XIVe siècle,
avec Guillaume de Tournon de la Chèze en 1320, qui fit hommage de la seigneurie
en 1328 aux Poitiers-Valentinois, et François en 1394. Mazon rapporte
la copie en français d'un arbitrage rendu par Guiron Brunel réglant
un différend entre Hugon de Tournon et Pons de Brion au sujet des limites
de la juridiction de la Chèze. Un document du 4 Avril 1555 mentionne le
dernier seigneur connu : Jacques, seigneur de la Chèze et Buriane.
![]() Le
château de La Chèze en 2005 |
![]() Château de La Chèze - Tour nord-est |
La seigneurie passe ensuite successivement aux Levis,
puis aux Tersac.
Pendant les guerres de religion, La Chèze fut occupée
par un fougueux chef protestant, Sautel, qui défendit la place contre
le duc de Ventadour, seigneur du Cheylard.
Henri de Tersac laissa comme héritière sa nièce
Delphine, la future marquise de Colombine. Le 18 octobre 1638, en vertu d'une
autorisation de justice, elle vend le château et maison forte de la Chèze à Pierre
Sellier, seigneur de Buriane, gentilhomme protestant qui pour s'être rapproché du
parti royal a vu son château ruiné par ses coreligionnaires. Il
meurt en 1643, laissant la seigneurie à sa fille Jeanne, laquelle épouse
Claude Portalès, Président de la Cour des Aides de Montpellier.
Jeanne de Portalès de la Chèze, leur fille, décède
en 1771 et la seigneurie passe aux mains de la famille Laforêt-Divonne
par héritage.
En 1862, le château et le domaine sont vendus à M.
Théophile Sauzet, maire du Cheylard. Plus tard, celui-ci cède le
tout à son neveu Marc Sauzet, député de l’Ardèche
vers 1890. Par alliance, La Chèze passe ensuite à la famille Sauzet-Mimerel,
dont les descendants habitent encore la demeure en 1944, à la veille de
son occupation par des éléments de l’Armée Secrète,
avant qu’elle ne soit pillée et incendiée par les Allemands,
le 6 juillet de cette même année.
![]() Après le propos de bienvenue du président Michel Faure, M. Jean Montrevel, adjoint au maire, accueille les participants à cette sortie d'automne et remercie tous ceux qui contribuent à cet important chantier de rénovation : outre la Sauvegarde, il s'agit de l'association pour la sauvegarde du patrimoine boutiérois, des services municipaux et de l'entreprise Girard. |
![]() Château de La Chèze - Tour sud-est |
Au cours de la visite du château, M. Jérôme Legros,
président de l'association pour la sauvegarde du patrimoine boutiérois,
présente les travaux réalisés depuis cinq ans. En 1990
encore, La Chèze était une ruine dangereuse; elle avait été interdite
d'accès en 1959, deux tours s'étaient effondrées, malgré des
travaux entrepris en 1986 et 1988, et le mur de soutènement menaçait
alors de s'écrouler, risquant d'entraîner dans sa chute une
partie du bâtiment. Aujourd'hui, le mur de soutènement est
consolidé, la circulation est rétablie dans toutes les salles
du rez-de-chaussée, l'accès aux étages est devenu possible
par un escalier de bois qui a remplacé l'escalier à vis disparu,
et par des dalles coulées par les services municipaux.
Actuellement (2005), la restauration du château
de La Chèze se poursuit et la Société de Sauvegarde continue à participer à son
financement.