ECLASSAN,
OZON, ARRAS
Sortie-conférence du dimanche 24 septembre
2006,
à l'occasion de l'Assemblée Générale
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Malgré des prévisions
météorologiques peu encourageantes, près
de cent personnes sont venues participer à la visite
des environs d’Ozon et à l’assemblée
générale 2006. Le rendez-vous était
fixé à Eclassan ; un vent assez froid
et plutôt violent nous montra que cette journée
d’automne bien que proche de l’équinoxe
serait fraîche mais que les risques de pluie étaient
faibles. Après un accueil chaleureux, le président
nous indique le programme de la matinée. Madame
d’Augustin qui déplore l’absence de
Monsieur Gaston Pouenard retenu par ailleurs, nous fera
visiter l’église d’Eclassan, le petit
oratoire de Notre-Dame de Roche et la chapelle d’Ozon,
Monsieur Thierry de La Roque nous présentera le
Château des Prés. |
L’église
d’Eclassan
Les premières traces du prieuré d’Eclassan
sont relevées dans le cartulaire de l’abbaye
de Saint-Chaffre du Monastier au XIe siècle.
L’église
actuelle a été construite sur l’emplacement
de l’ancienne église N.-D. de la Pitié devenue
trop petite. Les plans ont été établis
par l’abbé Manoha, prêtre et architecte
qui assura la direction des travaux avec l’aide de
son frère Alexandre, maire d’Eclassan. La construction
fut possible grâce à la générosité de
habitants. Les travaux furent commencés en avril 1858
sous le ministère de l’abbé Marmey et
terminés en novembre 1862 sous l’abbé Garnodier,
célèbre historien du son village. Son style
est qualifié de romano-byzantin, elle se compose de
trois nefs et d'une croix grecque. Une coupole placée
en son milieu a été supprimée en raison
de son entretien très difficile. Les boiseries intérieures,
stalles du chœur, chaire, dons de la famille d’Argout,
sont en noyer. Les marbres viennent d’Italie et ont été taillés à Lyon. |

Mme d'Augustin présente l'église d'Eclassan |
L’autel de la Sainte
Vierge date de 1861. Celui de la chapelle du Sacré-Cœur
a été placé en 1862 et celui du chœur
en novembre 1866. Les dalles sont en pierre de Tournus.
L’église a été dédiée à Saint
Maurice, chef de guerre romain, converti au christianisme
et martyrisé pour sa foi avec un grand nombre de
ses soldats qui s’étaient convertis avec lui.
Un tableau situé dans le chœur à droite
le représente à cheval, commandant une légion,
tenant une oriflamme à la croix de gueule, portant
un monogramme du Christ. Le tableau de la Vierge au chapelet
a été donné par le ministre de l’intérieur,
Apollinaire d’Argout, à la demande du baron
de La Roque. Le tableau détouré de la Sainte
Famille a été percé de cinq coups
de sabre par un notaire de Quintenas en 1793, la légende
dit que son sabre s’est brisé immédiatement
après. Remarquer également à droite
du chœur le porte burettes provenant de l’ancienne église
N.-D. de la Pitié. Au-dessus de la porte d’entrée
est placée une statue de saint Vincent réalisée
par Marie-José Ségovia de Dragonet. Elle
fut volée puis retrouvée dans une décharge,
car sans valeur marchande. |
L’oratoire de Notre
Dame de la Roche
Cet oratoire a été construit vers 1950 par
Marcel Deygas, artisan maçon à Eclassan, à l’initiative
du père Giraud et sous l’impulsion des fondateurs
de la Société de Sauvegarde, monsieur Louis
Bourbon qui en fut le président fondateur, du baron
Chaurand, de la baronne de La Roque et de monsieur Frachon.Tout était
parti de la découverte par madame Cécile
Vallet, ancienne habitante du hameau de Roche à Eclassan
d’une statue en pierre représentant la vierge
Marie et l’enfant Jésus. La vierge porte une
grande cape par-dessus sa robe. Elle tient l’enfant
sur son bras gauche et l’entoure d’un pan de
son vêtement, sa tête arbore une couronne ornée
de cercles. L’origine de cette statue est très
mystérieuse. |

L'oratoire
N.-D. de la Roche |
L’hypothèse
la plus vraisemblable est celle avancée par Michel
Carlat, ancien conservateur délégué des
Antiquités et objets d’Arts de l’Ardèche : « elle
a pu faire partie d’une croix à personnages érigée
en 1586 lors des ravages de la peste à Eclassan
et aujourd’hui disparue ». Du vivant de
l’abbé Giraud, un pèlerinage avait
lieu chaque année vers cet oratoire en l’honneur
de celle que l’on a appelée Notre Dame de
la Roche. Cette habitude fut ensuite abandonnée,
mais la statue est toujours là et Marie veille sur
ses enfants. |
Le Château des Prés
C’est Monsieur Thierry de La Roque qui nous fait
l’historique du Château des Prés.
Ce
qui est devenu aujourd’hui le château des
Prés n’était à l’origine
qu’un ensemble de maisons dépendant du prieuré d’Eclassan.
Le plus ancien propriétaire des Prés est
Mathieu Nesson. Il vivait en 1455. En 1520 Les Prés
furent achetés par André Noyer qui transforma
le bâtiment principal orienté face à l’est
en maison forte. Les Noyers n’appartenaient pas à la
noblesse, Christophe fut le premier à ajouter une
particule à son nom, après avoir acquis la
seigneurie d’Ozon. Il avait épousé Marie
de Lestrange en 1620 et possédait de belles propriétés.
Mais un de ses descendants fut accusé du meurtre
d’un protestant, ses biens furent confisqués
et mis aux enchères en place publique de Tournon.
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Au
château des Prés |
En 1756. Balthazar de La
Roque du Pont de Munas rachète la baronnie d’Ozon
et le château des Prés qui est décrit « comme étant
tout en ruine, avec seulement une cuisine et deux mauvaises
chambres ». En mai 1803, Jacques Joseph de La
Roque, sous préfet de Tournon, s’installe
aux Prés. À sa retraite, il met par écrit
son projet : transformer Les Prés en château
avec une orientation et une entrée principale au
sud. Avant de mourir, il confie à son fils, Gabriel,
le soin de réaliser ce projet. C’est finalement
son petit-fils, Joseph, qui réalisera les travaux
entre 1892 et 1917. L’objectif était de conserver
au vieux bâtiment ses formes anciennes, de rajouter
quatre tours, de construire une façade et une terrasse
et de donner au tout un petit air féodal. Sa femme,
Marthe Fournier va le mener à terme en rajoutant
un peu de commodités à cette bâtisse.
Au cours de l’invasion allemande en juin 1940, Les
Prés devient le Poste de Commandement du colonel
Jouffraud qui combat l’armée allemande entre
Annonay et Saint-Vallier. C’est à partir des
Prés,
dans le salon vert, que le colonel Jouffraud donne l’ordre
de détruire le pont de Saint-Vallier, puis engage
le combat à la tête de la 1ère brigade
de spahis. Le château est bombardé à partir
du Mont Rebut mais sauvé grâce à un
brouillard providentiel, comme il s’en forme quelquefois à Ozon.
Après un tour rapide du château, nous rejoignons
la grande salle de la mairie d’Ozon construite à l’emplacement
de l’ancienne place forte disparue progressivement
au XIXe et XXe siècles où se
tiendra notre assemblée générale.
Le repas sera pris au restaurant Le Panoramic, nous
en profiterons pour admirer la vue exceptionnelle sur
le défilé de Saint-Vallier.
À notre programme de l’après midi
la visite de la petite chapelle d’Ozon, puis accompagnés
par Monsieur J.C. Bécheras, président de
l’association A.S.P.E.C.T. nous visiterons le village
d’Arras-sur-Rhône, l’église, la
Tour Blanche, le vieux Moulin et le musée.
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La petite chapelle d’Ozon
Divers
documents mentionnent l’existence à Ozon d’un
château, aujourd’hui disparu, et de sa chapelle.
Au XIe siècle elle est cédée à l’abbaye
de Saint-Chaffre. Elle est ensuite citée dans une
bulle du pape Alexandre III en 1178, puis dans une bulle
du pape Clément IV au XIIIe siècle,
ainsi que dans divers actes au cours du Moyen Âge.
En 1790, la section d’Auzon est divisée en trois
pour le spirituel. Les masures et son château, et toute
la partie nord-est furent rattachés à la paroisse
de Sarras, La Maladière à celle d’Arras,
le reste demeurant à Eclassan. Le 7 avril 1804, Claude-Joseph
Abrial fit la bénédiction de la cloche. L’abbé Ganodier écrit
en 1868 « la chapelle d’Auzon existe encore,
elle a même été restaurée en 1859.
Néanmoins, l’on y dit plus la messe, ni fait de mariages ou
enterrements depuis la tourmente révolutionnaire de 1789 » |

La
chapelle d'Ozon |
En 1985, la municipalité d’Ozon
qui a retrouvé un peu de son ancienne prospérité avec
les travaux d’aménagement du Rhône et
l’installation des centrales hydrauliques entreprend
entre autres tâches la restauration de la chapelle.
La Ligue Urbaine et Rurale propose de se charger des vitraux.
C’est un peintre verrier de Lyon, madame Bitran qui
les réalisera. Le vitrail de la nef représente
saint Jean et saint Paul à qui est dédiée la
chapelle. Il s’agissait de deux officiers qui servaient
dans les armées de Julien l’Apostat et furent
martyrisés pour leur foi à Rome en 362. On
reconnaît sur le vitrail leur casque et leur glaive.
Au dessus de la porte d’entrée les couleurs
bleu et blanc de la Sainte Vierge, elles s’élancent
vers l’infini. L’autel est éclairé de
tons jaunes, or et rouges apaisants et montrant cette spiritualité marquée
par l’élan vers Dieu.
Ces vitraux ont été inaugurés le 21
avril 1991 et la messe célébrée par
le père Fernand Clausel. On note également
un tableau du Christ dont le cadre est inscrit à l’inventaire
supplémentaire.
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L’église
d’Arras
C’est Monsieur Louis Bécheras
qui fait un historique rapide de cette église.
Le chœur est la partie
la plus ancienne. En 937, la paroisse aurait été remise
aux chanoines de Saint-Barnard de Romans, puis plus tard
au prieuré de Saint-Vallier et ensuite aux chanoines
de Saint-Ruf de Vienne. Le nom de deux prieurs est connu,
en 1518 Claude de Villeneuve et en 1561 Guillaume Amzan
religieux Augustin de Saint Ruf, ainsi que, par les archives
paroissiales, le nom des dix-neuf prêtres desservants,
de Jean Armand en 1659 à Amboise Vallon en 1986.
Au
cours des temps, l’église subit de nombreuses
transformations, elle est agrandie, dotée en 1705
d’une tribune, supportée par une borne milliaire,
qui, plus tard, sera supprimée, les portes et fenêtres
qui communiquaient avec le prieuré seront murées
en 1789. Enfin elle s’est peu à peu dégradée
avant d’être restaurée en 1993 grâce
au dévouement et aux deniers de ses paroissiens
sur les plans d’un architecte local.
Elle se singularise
par six colonnes cylindriques surmontées de chapiteaux
construites en pierres du pays. Dans le chœur un
Christ en croix et de chaque côté, à gauche
une statue de la Vierge portant l’enfant Jésus
et à droite, la statue de saint Clair à qui
est dédiée la paroisse.
Enfin, sous le porche,
une pierre tombale, classée monument historique,
porte l’indication PLACIDIE GRATUS et le monogramme
du Christ. |


L'église
d'Arras |
La tour blanche d'Arras
Après avoir parcouru environ quatre
cents mètres, un certain nombre de participants se rassemblent
au pied de la Tour Blanche. Arras était une étape sur la
voie romaine de la rive droite du Rhône, comme l'attestent
deux bornes milliaires, l'une dédiée à l'empereur Dioclétien,
l'autre à l'empereur Aurélien. Elles mentionnent la distance
de 31 000 pas qui sépare Arras de Vienne. Arras était donc
un site important pour le contrôle et la défense de la rive
droite du Rhône. À quelle date ont été construits le château
et les tours ? On ne sait, mais il y eut très vite deux
fiefs, deux coseigneurs et deux tours : la tour carrée,
la tour blanche ronde, seule à avoir résisté à l'épreuve
du temps. En très mauvais état et menaçant ruine, elle a
été restaurée grâce à l'association A.S.P.E.C.T. et l'aide
de la "Sauvegarde".
Le vieux moulin
Avant d'arriver au pont qui enjambe la
rivière Ozon, il est un vieux moulin avec sa grande roue
métallique. Aménagé en 1852, il était alimenté par une
levée située à deux cents mètres en amont et un canal de 80 cm
de large et profond de 50 cm. Deux meules permettaient
la fabrication de farine de blé pour les personnes et de seigle
pour le bétail. Modernisé en 1935 pour répondre aux nouvelles
exigences de la clientèle, il était doté d'un broyeur pour
la farine de boulangerie et d'une des meules conservée
pour la farine destinée aux animaux. En 1943, au décès du meunier,
il est arrêté définitivement et transformé en locaux d'habitation.
Seule la grande roue, vestige d'une époque révolue, est
conservée.
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Le Musée d’Arras
La dernière visite sera consacrée au Musée
d’Arras qui retrace la vie de la petite bourgade
telle qu’elle s’est déroulée
pendant des siècles. On retrouve les outils pour
le travail de la terre ; noter les appareils utilisés
pour la lutte contre le phylloxéra, le mobilier,
les objets ménagers, les tables de classe et une
photo assez émouvante des enfants de l’école
communale groupés autour de leur maître.
Pour terminer cette agréable journée, Monsieur
J.C. Bécheras nous offre le verre de l’amitié.
Jacques DUGRENOT
À l’aide
des documents fournis par Mme d’Augustin,
M. de La Roque, M. G. Betton et MM. J.-C. et L. Bécheras.
Photographies : J. Dugrenot et P. Bousquet.
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Une
ancienne sulfateuse |
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