| CHÂTEAU
DE ROCHEBONNE |
| Les vestiges du véritable nid d'aigle qu'était
le château de Rochebonne s'aperçoivent de la route qui suit
l'Eyrieux entre Le Cheylard et Saint-Martin-de-Valamas, perchés
sur une éminence rocheuse qui pointe presque au plus haut
du flanc de la vallée. |

Les vestiges de Rochebonne vus de la route de la vallée de
l'Eyrieux |
Un
peu d'histoire
Comme bien souvent, les documents
font défaut pour se faire une idée un peu précise
des débuts de l'histoire
de ce château. À la fin du XIe siècle, on
voit apparaître,
comme témoin d'une donation, un certain Bertrand de Rocha Bonna.
En 1078, il est question de Pons de Brion, époux de Arnaude de Chateauneuf,
"dame en partie de Chateauneuf et de Rochebonne". On trouve un
autre Pons de Brion au XIIIe siècle,
lorsque Rochebonne est l'objet d'une parierie entre ce dernier seigneur
et Guillaume de Chateauneuf, Hugues et Gerenton de La Mastre. En 1273,
Pons de Brion vend à Guillaume de Chateauneuf tout ce qu'il possède
dans dans le
château, la seigneurie et le bourg de Rochebonne. Les de La
Mastre ayant à leur tour cédé leur part, au début
du XIVe siècle, les Chateauneuf se trouvent seuls seigneurs
de Rochebonne. En 1303, Guillaume de Chateauneuf fait dans son testament
un legs à l'église Sainte-Agathe de Rochebonne. Dans
un autre acte de 1328, Guillaume de Chateauneuf apparaît comme
seigneur du castrum de Rochebonne.
Il est donc clair qu'au Moyen-Àge existait à Rochebonne, au pied du château,
un hameau et une église.
Pendant les guerres de Religion, le château joue un rôle
militaire, Pons de Rochebonne étant un des principaux chefs catholiques
de la région.
Il est pris en 1577 par le chef protestant Lacroix, puis en 1580 et à
nouveau pillé et détruit en 1595. Sa ruine date sans doute
de cette époque car vers 1760, le curé de Saint-Martin écrit
que le château
est entièrement détruit. Il n'en est pas question durant
la Révolution.
Au début du XIXe siècle, le propriétaire
se plaint que les paysans viennent lui voler ses pierres...
En 1980 se constitua l'Association des Amis de Rochebonne,
dans le but de consolider les ruines. Plusieurs campagnes
de travaux eurent lieu et une nouvelle doit se dérouler
en 2007, avec l'appui de la "Sauvegarde",
comme ce fut le cas déjà en 1980, 1990 et
1998.
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Les vestiges
Pour les atteindre, il faut prendre la route qui, de Saint-Martin-de-Valamas,
conduit à Saint-Jean-Roure
(D. 120) et passe, vers 850 m. d'altitude, juste au-dessus
de l'éperon rocheuxqui les porte. |
Le
panorama est superbe, avec une véritable vue aérienne
sur la verdoyante vallée de l'Eyrieux et, au loin,
la chaîne
des sucs d'où émergent entre autres le Mézenc
et le Mont Gerbier de Jonc. Juste devant nous, perchés
sur un étroit rocher, se dressent les restes d'une
tour carrée
du XIe
ou XIIe siècle, de six mètres
de base et qui, au début du XXe siècle, avait encore environ
neuf mètres
de hauteur. Tour de guet ou donjon, on y distingue encore
quelques étroites ouvertures, des archères
sans doute.
À la base du rocher, on aperçoit un pan de
mur percé
de fenêtres. Un sentier imprécis permet
d'atteindre l'étroite plateforme qui porte les
quelques vestiges de constructions dont fait partie ce
mur. Il s'agissait d'un bâtiment du XVe siècle, à usage
résidentiel,
construit donc au sud, en contre-bas du donjon.
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Les
vestiges de Rochebonne dominant la vallée de l'Eyrieux avec,
au fond, la chaîne des sucs (On
reconnaît à droite le Mont Gerbier de Jonc) |
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Vestiges
du bâtiment résidentiel. Mur sud de la tour quadrangulaire |
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L'élément qui subsiste était
le mur sud d'une tour quadrangulaire en saillie. Il était
percé de deux belle fenêtres superposées et d'une plus petite
au-dessus, s'ouvrant sur la vallée, correspondant donc à
trois étages habitables. Les traces de deux cheminées sont
visibles dans l'angle sud-est. Quelques autres pans de murs
subsistent à l'ouest. Un état des lieux dressé en 1763 indique
là l'existence de bâtiments à usage de communs, d'écuries,
mais déjà ruinés à cette époque.
L'association des Amis de Rochebonne a établi un plan précis
des vestiges, où figure en particulier la trace de la chapelle
Sainte-Agathe, où l'on célébrait encore la messe en 1743. |
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Vestiges des bâtiments de la partie occidentale |
Où il
est question de Mme de Sévigné
Nous trouvons dans un compte rendu de visite-conférence
de la "Sauvegarde" (21 mai 1978),sous la signature
de Jean Oisel,le texte suivant :
Le temps brumeux avait tout juste permis de deviner,
avant d'arriver au Cheylard, le nid d'aigles de Rochebonne
auquel se rattache une affirmation tenace selon laquelle
Madame de Sévigné y aurait effectué un
séjour. On se réfère à une
prétendue allusion que la spirituelle Marquise
y aurait fait dans une de ses lettres et que l'on cite
déformée "....Madame de Rochebonne
doit bien s'ennuyer dans sa terre du Vivarais..." On
connaît les dates et les itinéraires des trois
voyages que Madame de Sévigné entreprit dans
le Midi via Lyon, Valence ou Grignan....Au cours d'un premier
voyage elle rencontre Madame de Rochebonne à Lyon :
le texte exact de la citation se retrou ve dans l'édition
de la Pléiade ; la Marquise y parle de Monsieur
de Coulange : « … il a vu la belle
Rochebonne dans le plus triste château de France » et
elle ajoute : « . . .elle me fait pitié,
ira-t-elle point à Lyon ? » On
sait aujourd'hui que ce château était celui
de Theizé, à quatre lieues au nord-ouest
de Lyon. La cause est donc entendue . Madame de Sévigné n'est
jamais venue en Vivarais.
Pour en savoir plus :
- CHARRIÉ Pierre. Dictionnaire topographique du
département de l'Ardèche, Paris, Librairie
Guénégaud, 1979.
-
LAFFONT Pierre-Yves. Atlas des châteaux du Vivarais
(Xe-XIIIe siècles), Lyon,
Association lyonnaise pour la promotion de l'archéologie
en Rhône-Alpes, 2004.
- RIOU Michel. Ardèche Terre de châteaux, Montmélian,
La Fontaine de Siloé, 2002.
Marie et Paul Bousquet
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