Salavas
(17 mars 2005)
LES ÉGLISES DE LA GLEIZASSE, LE CHÂTEAU, LE VILLAGE MEDIÉVAL
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Sous un
soleil radieux, nous visitons le village de Salavas,
situé sur la RD 579 reliant Vallon-Pont d'Arc
et Barjac.
Proches l'un de l'autre mais séparés
par la rivière Ardèche, ce n'est que
depuis le XIXe siècle que Vallon-Pont
d'Arc et Salavas sont reliés par un pont qui
a connu bien des vicissitudes puisque, après
un premier pont suspendu "en fi! de fer" construit
en 1837 selon le procédé inventé par
Marc Seguin, on le remplaçait en 1924 par un
ouvrage en ciment armé. En 1992, on détruisait
ce dernier pour reconstruire un nouveau pont avec une
architecture moderne. Du pont suspendu, il subsiste
la pile centrale toujours fièrement dressée
au milieu de la rivière.
Jusqu'en 1837, on allait
d'une rive à l'autre
par le gué de Chauvieux ou le gué du
Moulin de Salavas, ou encore le gué de Pavaralos,
avec les risques que cela comportait ! La voie romaine
d'Antonin le Pieux reliant Nîmes à Alba
franchissait l'Ardèche au gué de Chauvieux.
Pour cette visite, nous avions sollicité le
concours des "Amis de l'Histoire de la Région
de Vallon- Pont d'Arc", Aussi sommes-nous accueillis
par Bernard Beuzeboc, membre de cette association,
Salavassien passionné par l'histoire de sa commune.
Notre guide nous conduit
d'abord sur le site de la Gleizasse situé à l'ouest
du bourg. |
Les deux églises
de la Gleizasse Dans les années 1970, Robert Helmling, le
premier, avait signalé l'existence du site.
Il en dirigeait les fouilles de 1978 à 1988,
conjointement avec le Docteur Maurice Laforgue et les
membres de la SERAV (Société d'Etudes
et de Recherches Archéologiques de Vagnas).
Ces fouilles ont livré une moisson de renseignements
d'ordre archéologique auxquels se sont ajoutées
des connaissances historiques acquises peu à peu.
L'histoire du site débutait au IIe ou IIIe siècle de notre ère par la construction
d'un mausolée ou d'un petit temple païen
dont les ruines ont pu être mises au jour.
C'est probablement à la
fin du IVe ou
au début du Ve siècle
qu'une première église mesurant
15,20 m sur 7,60 m fut construite. Sa nef, à deux
travées égales,
se terminait vers l'est par une abside demi-ronde
dont les murs entouraient, sur trois côtés,
les ruines de la construction païenne qui se
retrouvèrent ainsi sous le chœur de
l'église paléochrétienne. Plus
tard, un beau sol en briquettes sur tuile les recouvrirent
et en effaça le souvenir.
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Presque à la
même époque, une deuxième construction
de 13,40 m sur 6,60 m fut élevée
parallèlement au sud. Elle était
bâtie sur un plan identique avec un sol en
terre battue. On devait y dégager deux sépultures
et un très beau couvercle en calcaire blanc, à décor
wisigothique, datant du Ve siècle.
C'est
au milieu de ce siècle que le sol en briquettes
de la première église fut défoncé pour
permettre la mise en place de deux sarcophages
et de quelques tombes en tuiles à rebords
posées en bâtière, du type
dit "paléochrétien".
Au
début
du XIIe siècle, les deux constructions
furent rebâties en style roman : murs épaissis,
voûtes en pierres remplaçant les toits
en charpente de bois, etc.
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Couvercle
de tombe à décor wisigothique |
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Au
cours des siècles suivants, d'autres transformations
inter-vinrent, dont l'ajout au XVe siècle
d'une chapelle latérale contre l'église
principale. Celle-ci était dédiée à saint
Julien, la chapelle à sainte Anne, la petite église à saint
Jean.
Plusieurs événements propres à la
Gleizasse ont pu être constatés et datés :
-1581 : arasement des ruines et
récupération
des matériaux après l'arrivée
de Mathieu de Merle, le nouveau baron protestant
de Lagorce, seigneur de Salavas.
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Ci-dessus,
vestiges de l'église Saint-Julien,
à droite,
ceux de l'église Saint-Jean. |
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-1622 (avril)
: Inhumation entre les deux églises du baron
Hérail
de Merle, héritier de Mathieu, qui s'était
converti au catholicisme et fut, pour cette raison,
tué par ses propres sujets protestants.
-1621-1622 : utilisation des vestiges
de Saint- Julien comme étable et installation
d'une réserve d'eau dans les ruines.
Outre les églises, les fouilles
de la Gieizasse ont permis la mise au jour et l'étude
de 250 sépultures s'échelonnant du Ve siècle
au milieu du XIXe siècle, soit sur
près
de quinze siècles, ainsi que de nombreux objets
et débris d'objets : terres cuites, poteries,
verre, bijoux, monnaies, le plus émouvant étant
certainement la présence en ces lieux de la
ferrure d'un bâton de pèlerin dit "bourdon" associée à une
coquille St-Jacques : ces deux objets ont-ils appartenu à un
Salavassien, ou à un pèlerin de passage
décédé à Salavas ?
Le cimetière paroissial installé dès
le XIIe siècle près des
deux églises
a été utilisé jusqu'au XIXe siècle.
Pour en savoir plus sur l'histoire du site de la Gleizasse
et de ses deux églises, il faut lire l'ouvrage
de J.Robert Helmling : "Les églises disparues
de Salavas", No spécial hors-série
de la Revue du Vivarais. |
Les
milliaires de Salavas
Comme il est dit ci-dessus, la voie
romaine des Helviens (dite aussi d'Antonin le Pieux) traversait
l'Ardèche au gué de Chauvieux, donc au voisinage immédiat de Salavas. R.
Rebuffat* indique que plusieurs milliaires ont été retrouvés à Salavas
ou dans ses environs. Sur la petite
place, au bas du chemin qui conduit aux fouilles de la Gleysasse, on peut
en voir un, probablement d'Antonin, mais tellement usé qu'on
ne peut rien y lire.
Dans l'enceinte des fouilles, on a placé le milliaire
sud XXX, trouvé dans les environs.
*
Cf. : -
REBUFFAT R. et alii. Visite à la voie romaine des Helviens,
Le Teil, Les Amis de Mélas et du Patrimoine, 1994.
- Voir aussi sur le présent site : La
voie romaine des Helviens
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Le milliaire sud
XXX
à la Gleizasse |
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