PROMENADE
EN CÉVENNE ARDÉCHOISE (Saint-Genest-de-Bauzon,
Faugères, Payzac)
(22
novembre 2007)
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Les participants
se retrouvent à la
cave coopérative de Lablachère pour se regrouper
dans les voitures et modifier le projet de visite étant
donné l’intensité de la pluie.
D’un
commun accord il est décidé de reporter
la visite de la grange monastique de Chabrolières à une
date ultérieure. Une visite sera proposée par une
journée plus clémente.
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Saint-Genest-de-Bauzon
Le groupe se rend alors, comme prévu,
au quartier du Cros à Saint-Genest-de-Bauzon pour voir
le monument consacré à ce saint patron1.
En complément de l’engagement de la commune, la
Société de Sauvegarde a participé, en 1995, à la
restauration de ce monument, à l’aspect de calvaire,
d’un modèle assez rare dans la région. La
date de 1857 gravée par le sculpteur est à mettre en relation
avec des millésimes de la même époque inscrits sur des croix
proches, certaines semblant
sculptées
par le même artisan, Charrière. Ce monument est
adossé à un
mur de propriété, à proximité de
l’église du Cros. Les travaux furent limités à la
reprise des joints et au nettoyage des moellons de grès
envahis par la mousse et les plantes parasites. Ce travail fut
réalisé par Arnaud Bordon, maçon, tailleur
de pierre local.
(1)
Saint Genest (Genesius ou Genès, devenu
aussi Gineys) était un martyr arlésien
du Ve siècle. (Cf. BEAUJARD Brigitte, Le
culte des Saints en Gaule, Les Éditions du Cerf,
2000). Comment son culte s’est-il étendu en Vivarais,
où nous avons aussi les communes de Saint-Genest-Lachamp
et Saint-Gineys-en-Coiron ?
Cliquez pour agrandir l'image
Monument à saint Genest, élevé en
1857 au quartier du Cros, commune de Saint-Genest-de-Bauzon |
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La visite s’est poursuivie à l’église
proche du Cros, construite au XIXe siècle,
sans caractères
particuliers. D’après la tradition locale il y aurait
eu une église plus ancienne, édifiée par
les moines de Saint-Chaffre du Monastier.
Le projet de construction de cette église au Cros a
provoqué de nombreuses et vives contestations au sein
de la communauté. Les habitants d’autres quartiers
souhaitaient l’avoir plus près de chez eux, c’est
le cas de ceux du quartier du Suel qui entreprirent d’en
construire une autre. Cette église inachevée, sans
couverture, possède de beaux arcs en pierre taillée
et a fait l’objet de projets d’aménagements
sans suite. Les difficultés rencontrées pour implanter
l’église à l’époque et satisfaire
les paroissiens sont à mettre en relation avec la situation
de l’habitat constitué d’une quinzaine de
hameaux, aucun de caractère architectural, groupé et
protégé comme c’est généralement
le cas dans la région.
Le site de Saint-Genest était connu pour l’importance
de ses foires : « le Beaucaire des Cévennes » !
(FOROT Ch., CARLAT M., Le feu sous la cendre, éd.
Le Pigeonnier, Saint-Félicien, 1979, t1, p 423.) |

Église inachevée du Suel à Saint-Genest-de-Bauzon |
Faugères
Nous sommes accueillis dès notre
arrivée
par madame Oziol, qui va nous accompagner pour une visite
très documentée du village et de l’ensemble
dit ecclésial de Faugères. Les travaux de dégagement
récents ont permis aux spécialistes de reconstituer
les bases architecturales de l’ensemble et d’établir
un plan d’évolution de l’ensemble du XIe au
XVIIIe siècle (voir plan). (On
peut cliquer sur le plan pour l'agrandir)
Dans le village, en suivant la rue principale, nous avons
admiré les maisons en grés taillé, généralement
bien rénovées par les résidents.
Évolution du
château
de Faugères
(document reproduit avec l’aimable
autorisation de M. Frank Bréchon et de Mme Oziol))
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Historique2
L’histoire de Faugères est intimement liée à des
influences religieuses, monastiques et réformées.
Elle débute à l’aube du deuxième millénaire.
L’acte de fondation de Langogne en Gévaudan, cité monastique
ayant autorité sur Faugères, mentionne que, dans
le comté du Vivarais, vicairie de Bauzon, « la
villa dénommée Faugères valait 20 manses,
voire davantage, avec vignes, champs, forêts et toutes
dépendances ». Avant l’an mil, une vingtaine
de fermes y sont recensées, dispersées sur l’ensemble
foncier seigneurial. En ces temps-là, un officier carolingien
s’était approprié le domaine, probablement
issu du fisc royal.
Le dernier vicomte du Gévaudan, Étienne, et son épouse
Anne-Modice (?) en font donation aux bénédictins
de Saint-Chaffre qui en prennent possession en 998. Le château-prieuré se
développe sous leur influence. À la fin du XIVe siècle,
il est fortifié pendant les troubles
de la guerre de Cent Ans. Durant les guerres de Religion, le
bailli du prieur de Langogne, rallié à la cause
réformée, le donne à ses coreligionnaires
qui s’en servent pour effectuer des expéditions
dans tout le Bas-Vivarais. Les États du Vivarais en 1574
le considèrent comme imprenable. Aussi, les catholiques
préfèrent payer pour le récupérer.
Ses fortifications sont partiellement démantelées
au XVIIe siècle, mais il conserve ses attributs
de siège
de seigneurie et abrite l’église paroissiale. À la
Révolution, il est démantelé et racheté par
les habitants du lieu sous le régime des consuls. Il est
recentré sur la seule mission religieuse au XIXe siècle.
Il conserve encore des éléments de fortifications :
courtines et remparts, tours et donjon. |
Parallèlement,
les bénédictins ont aussi un rôle de seigneurs
temporels. Les paysans qui exploitent les terres créent
un premier village face au château-prieuré de l’autre
côté du ravin. C’est le Faugères médiéval,
enserré dans un mur d’enceinte et regroupé le
long d’une ruelle entre deux portes fortifiées.
Après la guerre de Cent Ans, une période calme
favorise une explosion de la construction. Un nouveau village
se développe autour de la calade ou Charreyre, donnant
son nom au hameau de la Charrière. Une nouvelle insécurité apparaît à la
fin du XVIe siècle au moment des guerres de
Religion. Les nouveaux convertis, par souci de protection, créent
en un lieu dit « lou carreyre » un nouveau
quartier spécifique avec une porte unique et des échappatoires
dans les voûtes pour anticiper une fuite éventuelle
par les caves. L’esprit réformé s’implante
donc à proximité immédiate du château-prieuré.

Église de Faugères
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On ne trouve pas dans la localité de professions
bourgeoises, pas de commerçants,
peu d’artisans, peu d’hommes de loi. Mais une certaine richesse paysanne
se reflète dans l’architecture des maisons et des fermes. Dans les
estimes de 1464, se révèlent la parcellisation poussée du
territoire et sa mise en exploitation maximale. La prépondérance
de la production viticole est indiscutable. Les paysans faugérois du XVe siècle
produisaient toute une gamme de vins. Mais la châtaigne
est également un élément important de l’économie
locale. Les terres labourées et les céréales sont peu répandues.
Plus récemment, l’élevage des vers à soie a redonné une
certaine vigueur économique avec la construction d’une filature
au XIXe siècle. |
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Après le repas tiré du
sac nous nous sommes rendus au Pas de Brès, proche de
Faugères, mais dépendant de la commune de Payzac.
Brès
Le Pas de Brès est le nom donné à un carrefour
important d’anciennes voies : chemins muletiers, drailles
etc.
Le plan napoléonien de 1809, de très belle qualité graphique,
nous permet de confirmer la présence des constructions
existantes à l’époque et de situer les plus
récentes. Le grès utilisé pour la construction
en pierre de taille est de couleur rose du plus bel effet. Il
a servi à construire l’église du lieu qui,
malgré une apparence quelque peu romane, a été édifiée à la
fin du XIXe siècle !
À proximité, deux petites maisons
en ligne, de plan rectangulaire, à niveau surélevé,
sont partiellement incorporées à la roche rose
qui a servi de carrière. Elles portent toutes les deux
un millésime
du XVIIe siècle. En prolongement a été construit
récemment un moulin à huile artisanal que nous
avions projeté de visiter. Mais à la date de cette
sortie, le moulin étant fort occupé pour extraire
l’huile, nous étions trop nombreux pour effectuer
une visite sans gêner le travail des mouliniers. Le travail
de trituration et d’extraction de l’huile d’olive
ne se pratique que sur deux mois, étant conditionné par
la récolte. En dehors de sa période d’intense
activité, le moulin possède également une
boutique spécialisée : « le
moulin de Vincent ».
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Église de Brès (photo
S. Delubac) |
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Payzac :
Hameau du Barsac
En reprenant la route vers Lablachère, toujours sous
la pluie, nous avons fait une halte à Payzac pour visiter
l'église
sous la conduite de M. et Mme Giroud, du groupe de
l'église de Payzac. Une présentation détaillée de cette église
extrêmement intéressante fera l'objet d'une page particulière
dans patrimoine-ardeche.com.
Enfin, la journée se terminait par une courte
visite au hameau du Barsac, où nous étions reçus
par Monsieur Vigouroux
viticulteur-oléiculteur
qui nous a donné quelques informations sur les grandes
maisons du hameau témoignant de l’importance de
la sériciculture dans la région. Dans son local
réservé d’oléiculteur, fort bien aménagé,
il propose à la vente l’huile
de sa production, en particulier celle issue de la variété « blanche
de Payzac ».
Malgré le mauvais temps nous avons pu concilier de bonnes
observations sur le patrimoine historique et architectural, tout
en appréciant les activités rurales qui méritent, également
d’être connues et encouragées.
Nous tenons à remercier les personnes qui nous ont accompagnés
ou reçus : Madame Oziol, M. et Mme Vincent,
M. et Mme Giroud et M. Vigouroux.
2 - Cet historique est extrait
du DVD « Patrimoine
et Renaissance – Regards croisés – Faugères »,
réalisation de Jean-Pascal Alvery, avec la participation
de : Nicole Boucard, Günther Gloth, Philippe Halais,
Marie-Thérèse Oziol, Danielle Poudevigne et Cécile
Raillard.
Michel ROUVIÈRE
(texte et dessins) |
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